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Suicide à la SNCF: "on est tous abasourdis"

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Un cheminot, délégué du personnel Sud-Rail, s'est suicidé dans la nuit de vendredi à samedi sur son lieu de travail gare Saint-Lazare à Paris. Ses collègues sont sous le choc.

Ses collègues sont "partagés entre la tristesse et la colère". Un cheminot de 42 ans s'est donné la mort en se jetant sous un train dans la nuit de vendredi à samedi à la gare Saint-Lazare où il travaillait. L'homme, délégué du personnel Sud-Rail, avait un statut de travailleur handicapé lié à des "problèmes psychologiques", était "depuis plusieurs années attaqué par une direction qui ne supportait pas son engagement syndical".

Anasse, militant Sud-Rail dans une autre antenne, connaissait bien la victime: "On est tous abasourdis. Pour la plupart, nous l'avons vu lundi, mais il était normal. Jamais on n'aurait pu penser 5 jours après qu'il allait mettre fin à ses jours".

"Un geste fort et symbolique"

Selon le syndicaliste, son collègue a voulu passer un message: "Pour moi c'est un geste fort et symbolique. S'il avait voulu se suicider parce qu'il en avait marre de la vie, il l'aurait fait dans sa salle de bain. Là le fait qu'il prenne la décision de mettre fin à ses jours sous un train dans la gare dans laquelle il travaillait, c'est quelque chose d'important et pour nous, il a essayé de transmettre un message aux cheminots et à la direction".

Le syndicat Sud-Rail dénonce une pression accrue sur les employés: "la direction de la SNCF doit prendre conscience que ses pressions managériales, les restructurations perpétuelles et la répression syndicale qu'elle mène depuis plusieurs dizaines de mois poussent à bout des agents".

Dans un communiqué, FO cheminots dit "s'associer à la douleur" de la famille et des collègues, et dénonce une "répression envers les cheminots devenue monnaie courante". Un CHSCT extraordinaire est convoqué ce lundi à la gare Saint-Lazare.

P.B. avec Martin Cadoret