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TER: "Si l'Etat n'investit pas plus, le réseau va s'écrouler", alertent les Hauts-de-France

Franck Dhersin, vice-président de la région Hauts-de-France, en charge des transports, réclame ce jeudi sur RMC plus de moyens pour entretenir le réseau.

Quelle que soit la tendance politique, toutes les régions font le même constat: il est de plus en plus difficile de supporter le coût de fonctionnement des trains régionaux. Des régions françaises seront même forcées de "fermer les lignes" ferroviaires si l'État leur répercute la flambée des prix de l'électricité, a averti le président du conseil régional du Grand Est, Jean Rottner (LR).

"A partir de 2024, c'est 8% de droit de péage supplémentaire qui va s'exercer sur les régions", a déclaré Jean Rottner lors d'un entretien avec des journalistes, avant une session jeudi du Conseil régional à Strasbourg. "Là, on dit stop, on ne peut pas".

Le ministre des Transports Clément Beaune a indiqué le mois dernier que l'État n'envisageait pas a priori d'aide pour les régions, qui sont engagées par contrat à couvrir la hausse des prix de l'énergie pour les transports publics qu'elles organisent, comme les TER.

"À un moment donné, on ne pourra plus financer, l'État doit en prendre conscience"

Franck Dhersin, vice-président de la région Hauts-de-France, en charge des transports, réclame ce jeudi sur RMC plus de moyens pour entretenir le réseau.

"Ca nous coûte déjà très cher en fonctionnement. Les Hauts-de-France versent chaque année 530 millions d’euros à la SNCF afin qu’elle fasse circuler 1.250 trains."

D'autant que pour 2023, avec la conjoncture actuelle, Franck Dhersin indique qu'il va falloir ajouter 60 millions d’euros supplémentaires à cause des hausses des prix de l’électricité et du fioul pour faire rouler les TER. Mais en regardant sur le long terme, il estime qu'il faut surtout plus d'investissements de l'Etat.

"Investir rapidement" sur le réseau

"Ce qui devient insupportable, comme le disait Jean Rottner (président de la région Grand Est), c'est que l'Etat n'investit plus sur le réseau, les infrastructures. Et l'Etat demande aux régions de le faire à sa place, or nous ne sommes pas propriétaires du réseau. Pour sauver ces lignes, on est mis devant un chantage. À un moment donné, on ne pourra plus financer, l'État doit en prendre conscience."

Franck Dhersin estime ainsi que c'est de l'argent public régional dépensé qui n'est pas du ressort des régions. Le vice-président ajoute que, selon lui, il faut investir "rapidement" 10 milliards par an sur le réseau. "Si on ne le fait pas, le réseau va s'écrouler. Alors même que le gouvernement dit que le train, c'est ce qu'il faut pour l'environnement", conclut-il.

J.A. et la rédaction