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"Woven city": bâtir une nouvelle ville connectée à partir de rien, le défi japonais

C'EST DEJA DEMAIN - Au pied du mont Fuji, Toyota –à l’origine du projet- vient de poser la première pierre de Woven City, une ville complétement connectée, robotisée et végétalisée. Voici à quoi ça pourrait ressembler ?

Woven City. La ville "tissée". Une ville qui accueillera à terme plusieurs milliers d’habitants, construite à partir de 0 autour de la technologie. Cette ville est censée être un laboratoire technologique à ciel ouvert pour les ingénieurs, les chercheurs, les scientifiques, pour tester en conditions réelles leurs innovations les plus folles.

Pour les transports évidemment : une voie pour les véhicules autonomes, censées fluidifier le trafic. Dans le ciel, des voitures volantes… Et pour les piétons, de longues promenades arborées, on n’aurait pas l’impression de marcher sur des trottoirs mais sur une sorte de parc tout en longueur, tout est complétement végétalisé. Sous le sol, des robots transporteurs de marchandises, qui s’occuperont des livraisons sans encombrer les routes, et communiqueront directement avec les immeubles.

Vos courses arriveront par une sorte de passe plat directement dans votre cuisine. Courses que vous n’aurez pas besoin de commander, puisque c’est votre frigo, dopé à l’intelligence artificielle, qui s’en chargera quand il s’aperçoit qu’il n’y a plus de yaourts. Robots omniprésents aussi dans les logements : bras robotiques qui font la cuisine à votre place, ou encore un robot majordome qui range tout dans la maison.

Les concepts de « villes du futur » sont nombreux à travers le monde sauf que les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des annonces

Ces projets de "smart cities" construites de A à Z autour de la technologie sont rarement des succès. J’ai en tête l’exemple de Songdo, en Corée du Sud, qui devait être LA ville du futur.

Construite au début des années 2000, pour 40 milliards d’euros, entièrement connectée et végétalisée. Aujourd’hui elle n’a réussi à attirer que 100.000 habitants sur 300.000 escomptés malgré de grosses incitations fiscales pour s’y installer.

On a aussi le projet Quayside, un quartier complétement futuriste à Toronto, conçu par Google, qui a été enterré il y a quelques mois, officiellement pour des raisons d’incertitudes économiques liée à la crise du covid. Mais elle avait aussi suscité l’inquiétude d’un certain nombre d’organisations, et de craintes autour de ces villes Big Brother, qui saurait tout sur tous ses habitants à chaque instant, où votre plaque d’immatriculation est scannée dès que vous entrez ou sortez d’un parking, où des caméras sont installées dans les logements.

C’est le même genre de craintes que certains ont autour de Neom, ville connectée en Arabie saoudite. De la reconnaissance faciale, des IA qui détectent quand vous tombez et qui envoient un drone pour voir si vous avez besoin de secours. Une ville qui connait mieux ses habitants que ses habitants eux-mêmes ! Est-ce qu’on a vraiment envie de vivre comme ça ? Ce sont plus des rêves d’ingénieurs qu’autre chose.

Pourtant les projets se multiplient y compris en France d’ailleurs

Oui, mais pas des villes bâties à partir de rien. Des briques technologiques qu’on va intégrer dans des villes existantes. On peut citer le quartier de la Confluence à Lyon ou encore la ville d’Angers qui veut installer 50.000 capteurs électroniques dans les bâtiments, le mobilier urbain, les transports. Plein de bonnes idées à prendre !

Des capteurs placés dans les lampadaires, comme à Toulouse, qui s’éteignent quand il n’y a personne à éclairer et qui se rallume quand quelqu’un passe. Utiliser la chaleur dégagée par les ordinateurs d’un data center pour chauffer une piscine municipale.

Des capteurs intelligents vont analyser le taux de pollution de l’air et envoyer des alertes sur les smartphones des habitants pour optimiser le trajet en évitant les zones les plus polluées. Ou encore des places de parking intelligentes qui m’envoient une alerte sur mon smartphone quand elle est libre, ce qui évite de tourner à la recherche d’une place de stationnement.

Anthony Morel (avec J.A)