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Tweet de Mathilde Panot: Charles Consigny pointe "des propos extrêmement bizarres" d'Emmanuel Macron

Un tweet de Mathilde Panot, qui a dénoncé un hommage passé d'Emmanuel Macron à Philippe Pétain ce dimanche, jour de commémoration des 80 ans de la rafle du Vel d'Hiv, a provoqué l'indignation dans la majorité mais aussi à gauche.

C'est la polémique qui a enflammé le week-end et provoqué l'indignation, même à gauche. À l'occasion des commémorations des 80 ans de la rafle du Vel d'Hiv, la chef de file des Insoumis Mathilde Panot en a profité pour tacler Emmanuel Macron, évoquant son hommage à Philippe Pétain en 2018. "Il y a 80 ans, les collaborationnistes du régime de Vichy ont organisé la rafle du Vel d'Hiv. Ne pas oublier ces crimes, aujourd’hui plus que jamais, avec un président de la République qui rend honneur à Pétain et 89 députés RN!", a-t-elle assuré sur Twitter.

Sur le plateau des "Grandes Gueules" ce lundi sur RMC et RMC Story, l'avocat Charles Consigny a évoqué des propos factuels: "Je n’ai pas des pudeurs de gazelle. Emmanuel Macron avait eu des propos extrêmement bizarres sur Pétain en lui rendant à moitié hommage, en expliquant qu’il avait été un grand soldat".

En 2018, Emmanuel Macron avait effectivement jugé légitime de rendre hommage à Philippe Pétain, estimant que le dirigeant collaborationniste du régime de Vichy avait été "un grand soldat pendant la Première guerre mondiale, même s’il a conduit des choix funestes pendant la deuxième".

"Je pense que ça s’inscrivait à l’époque dans une stratégie d’Emmanuel Macron de flirt avec l’extrême-droite, qui s’est illustré avec des contacts avec un certain nombre de personnes, notamment via des déjeuners de ses conseillers avec Marion Maréchal. C’est factuel qu’il a rendu honneur à Pétain. C’est un peu facile de nous faire croire qu’on ne parle que du Pétain de la Première guerre mondiale, quand on flirte avec l’extrême-droite", a ajouté Charles Consigny.

Jérôme Marty: "Ces prises de positions politiques salissent ce moment"

"Mathilde Panot qui croit que les députés RN sont les héritiers de Vichy, on voit qu’elle n’est pas au fait d’où vient l’antisémitisme en France aujourd’hui", a lancé de son côté l'enseignante Barbara Lefebvre. "Mireille Knoll, Sébastien Selam, les enfants de l’école Ozar Hattorah, ce sont tous des islamistes qui les ont assassinés. Qu’elle se remette à la page sur qui sont les acteurs de l’antisémitisme", a-t-elle ajouté.

Pour le cheminot Bruno Poncet, il faut un devoir de réserve les jours de commémoration: "C’est le jour de la commémoration, il faut un devoir de réserve et de décence. Sous couvert de buzz, on oublie derrière il y a des victimes et que c’est notre histoire qui a été meurtrie". Même son de cloche pour le docteur Jérôme Marty: "Ces prises de positions politiques salissent ce moment et se l’accaparent, les victimes ne l’ont même plus pour elles".

Mais Charles Consigny estime au contraire que ces commémorations permettent de dénoncer: "Les commémorations sont l’occasion de parler de ce qu’on commémore. C’est le moment où l’on en parle. C’est l’occasion notamment pour Mathilde Panot de dénoncer un double discours".

De son côté, Mathilde Panot assume. "Avec ce tweet, je lance l'alerte", a assuré ce lundi sur Franceinfo la présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale. "Je suis inquiète d'entendre des propos comme 'nation organique' (...), un vocabulaire qui vient directement de l'extrême droite", a ajouté l'élue en référence aux mots utilisés par Emmanuel Macron à l'occasion de son interview du 14-Juillet. Mais "évidemment que Macron n’est pas Philippe Pétain", a-t-elle nuancé.

G.D.