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Vers un confinement plus long et des sanctions plus strictes: ce que peut décider le "Conseil de défense" à l'Elysée

Face aux comportements transgressifs de certains Français, le gouvernement pourrait serrer la vis.

Le président Macron présidera un nouveau Conseil de défense vendredi matin au ministère de l'Intérieur afin de faire le point, quatre jours après la mise en oeuvre des mesures de confinement en France. Et ça pourrait être de plus en plus strict.

Le confinement imposé en France pour tenter d'enrayer l'épidémie de coronavirus, encore largement transgressé, devrait "très vraisemblablement" être prolongé au-delà des deux semaines initiales. Les Français semblent avoir du mal à prendre conscience de la réalité.

La directrice générale de l’agence sanitaire Santé publique France, Geneviève Chêne, a ainsi estimé que la prolongation du confinement "sera très vraisemblablement nécessaire" au delà des deux semaines prévues initialement. Il faudra attendre "entre deux et quatre semaines" pour en observer les effets sur la dynamique de l'épidémie.

"Plus nous serons mobilisés, plus nous casserons vite la courbe épidémique, c'est un combat collectif" a insisté jeudi le Pr Salomon, directeur général de la Santé (DGS), en annonçant 372 décès comptabilisés depuis le début de l'épidémie (108 supplémentaires en 24 heures) et 4.761 hospitalisations. 

Depuis mercredi soir, 91 cas lourds ont rejoint les services de réanimation, portant leur total à 1.122. "Les cas de contamination doublent tous les quatre jours", a averti le DGS.

Des gardes à vue

100.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés, infligeant une amende forfaitaire de 135 euros en cas de "violation des interdictions de se déplacer hors de son domicile". Depuis le début du confinement, la police a procédé à 226.000 contrôles et 18.000 verbalisations.

Selon le Parisien, des premières gardes à vue pour "mise en danger de la vie d’autrui" ont été prononcées en Seine-Saint-Denis et dans le Pas-de-Calais, une infraction passible d'un an de prison et 15 000 euros d'amende.

Au troisième jour du confinement, ordonné pour "au moins 15 jours", les préfets ont haussé le ton et fermé les plages de tout l'arc méditerranéen, de la Corse et de nombreux départements de la façade atlantique.

Par ailleurs, le Sénat a voté un amendement du gouvernement au projet de loi d'urgence qui permet aux policiers municipaux et aux agents de la ville de Paris de constater les infractions aux restrictions de déplacements.

La rédaction de RMC (avec AFP)