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Vers un "stage de pauvreté obligatoire" pour les élus ? "Ils diraient moins de bêtises"

Une proposition sous forme de "boutade" a été lancée pour dénoncer la déconnexion des élus et grands décideurs du pays lorsqu'ils prennent des mesures dirigées envers les plus précaires.

Reçues au Conseil économique et social dans le cadre du “Grand débat national”, des personnes en situation de fragilité, victimes d'un handicap ou précaires, ont proposé "un stage de pauvreté obligatoire pour les élus et les hauts fonctionnaires et travailleurs sociaux".

Florent Guéguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité, fait partie des associations qui ont participé à cette rencontre et explique que le but est surtout de sensibiliser au fait que les politiques doivent au moins écouter et comprendre les doléances des personnes les plus précaires dans notre pays.

"C’est une proposition sous forme de boutade, mais aussi une manière de dénoncer"

"Parmi les propositions il y a en effet cette idée qu’il y a beaucoup d’élus, de hauts fonctionnaires, de ministres sont déconnectés de la réalité de la vie quotidienne des plus pauvres. Il faut trouver des mécanismes qui permettent de relier ce que décident les politiques, les élites économiques à la réalité des conditions de vie des plus précaires de ce pays."

Rappelant qu’il y a 9 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté en France, il prend pour exemple la baisse de cinq euros des APL. Une baisse justifiée par le gouvernement estimant qu’elle n’aura pas d’impact, Florent Guéguen estime que c’est beaucoup quand on est au RSA. Ce stage est donc une proposition symbolique.

"L’idée est que les politiques aient une période d’immersion au contact de la vie quotidienne des plus précaires. Ca permettrait qu’un certain nombre de décisions défavorables ne soient pas prises. C’est une proposition sous forme de boutade, mais aussi une manière de dénoncer (ce décalage). On a réuni près de 300 personnes hier, tous veulent travailler. Le fait de s’immerger dans la vie des précaires permettrait aux politiques de dire moins de bêtises et de contre-vérités."
James Abbott