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Victime de mutilation sexuelle, elle témoigne sur RMC: "Je me sens moins femme que les autres"

TEMOIGNAGE RMC - Alors qu'un plan de lutte contre l'excision doit être présenté ce vendredi par Marlène Schiappa, une jeune femme se confie sur RMC.

Des chiffres effrayants: toutes les 15 secondes, une femme subit une mutilation sexuelle dans le monde. 200 millions de femmes sont touchées à travers le monde, selon l'OMS. Et la France n'est pas épargnée: 60.000 femmes vivent excisées.

Cet acte, considéré comme traditionnel dans certains pays et vu comme un rite de passage, prétend notamment assurer la préservation de la virginité chez les jeunes femmes. Dans les faits, il s'agit d'une mutilation: c'est l'ablation du capuchon du clitoris voire le clitoris en entier.

Certaines jeunes femmes victimes de ces mutilations restent traumatisé à vie, comme cette Française d'origine malienne, que RMC. 

"Je devais être en 5ème pendant mon cours de biologie..."

Excisée, juste après sa naissance cette jeune femme apprend sa mutilation presque par hasard... à l'école: "Je devais être en 5ème pendant mon cours de biologie, quand la professeure montrait l'appareil génital féminin. Je voulais lever le doigt pour lui dire que je n'avais pas tout ce qu'elle était en train de décrire".

Après cet épisode, sa vie sociale et affective est bouleversée: "On n'a pas de désir. On a mal, très mal après les rapports sexuels. Quand j'étais avec mes copines, à chaque fois, je ne leur disais pas, mais je me sentais nulle, moins femme qu'elles. Je me disais qu'elles avaient un truc que moi je n'ai pas". 

"C'est le temps de l'action"

Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes lance ce vendredi un plan de lutte contre les mutilations sexuelles féminines. Le but: mieux prévenir, mieux informer, mieux sensibiliser les professionnels de santé et de l'éducation a détecter des cas d'excision.

Cette mère de famille s'est fait opéré il y a 2 ans, pour réparer sa mutilation, soutenue par l'association "Excision parlons-en". Sa porte-parole, Juliette Vogt voit un objectif dans ce plan de lutte: "Brisons le tabou auprès des filles concernées, des professionnels de santé concernés, de l'Education nationale... Ce plan est un aboutissement d'un travail, et le commencement d'un autre. C'est le temps de l'action".

L’excision est punie par le code pénal, avec des peines de prison pouvant aller jusqu’à trente ans.

Alfred Aurenche avec Xavier Allain