RMC

Son violeur revient vivre à 150 mètres de chez elle

Sur RMC, Maryline réclame une évolution de la loi pour éloigner systématiquement les violeurs de leur victime.

Sur RMC, Maryline réclame une évolution de la loi pour éloigner systématiquement les violeurs de leur victime. - AFP

TÉMOIGNAGE – Maryline, mère de famille de 36 ans, a appris par une simple lettre que son violeur, condamné en 2014 à 5 ans de prison, avait été libéré au bout de 6 mois et placé sous surveillance électronique. Surtout, il est revenu à son domicile… à 150 mètres de chez sa victime.

Elle vit à 150 mètres de son violeur. Marilyne, mère de famille de 36 ans habitant Croissy-Beaubourg, en Seine-et-Marne, demande aujourd'hui un éloignement géographique systématique des violeurs du domicile de leurs victimes. Son violeur, un ami de la famille, l'a violé chez elle lors de travaux à son domicile en juillet 2010. Récidiviste, il a été condamné en octobre 2014 à 5 ans de prison, dont 2 ans ferme. Par le jeu des remises de peine, il a n'a fait que 6 mois de détention. Depuis le 27 avril, il est donc revenu vivre à 150 mètres de sa victime, dans son ancien domicile de ce village de 2.000 habitants.

"Je suis obligée de passer devant chez lui"

Placé sous bracelet électronique, il a interdiction de l'approcher ou de s'approcher de l'école de ses enfants. Mais la jeune mère de famille vit dans l'angoisse de représailles et ne comprend pas cette décision de la justice. "C'est l'incompréhension, raconte Marilyne sur RMC. J'étais loin d'imaginer qu'il reviendrait vivre à côté de chez moi".

C'est par une lettre de la juge d'application des peines que Marilyne a appris la nouvelle. "Lui habite dans le lotissement juste derrière chez moi, je suis obligée de passer devant chez lui pour aller à l'école, ou au centre du village. Je ne sors pas, et quand je le fais, je suis accompagnée. Mes enfants n'ont pas le droit de sortir. Mais quand mon fils revient du collège, le bus l'arrête devant chez lui. C'est un stress permanent", raconte-t-elle.

"La justice est faite pour réinsérer les coupables, pas pour que les victimes se reconstruisent"

Marilyne a pensé à déménager mais très vite la solidarité s'est mise en place dans le quartier. "Mes amis ont tout de suite pris les choses en main. Ils me mettent au courant quand il est dehors, quand il est revenu chez lui. J'ai ma petite filière qui m'aide au quotidien pour pouvoir survivre".

La jeune femme réclame aujourd'hui une évolution de la loi pour éloigner systématiquement les violeurs de leur victime, comme c'est le cas pour les maris violents. "Comment se reconstruire complètement quand on croise son violeur tous les jours ? Ce n'est pas normal de les laisser à côté". "J'ai l'impression que la justice est faite pour réinsérer les coupables mais pas pour que les victimes se reconstruisent", conclue-t-elle.

Philippe Gril avec Aurélia Manoli