RMC

Soupçons de chantage contre le roi du Maroc: "C'est un deal, pas un chantage !"

Le journaliste Éric Laurent, mis en examen samedi pour chantage et extorsion de fonds contre le roi du Maroc, s'est défendu ce lundi chez Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Il a rejeté les accusations de chantage et dénoncé un "traquenard" organisé par le royaume du Maroc contre lui et sa consœur Catherine Graciet.

Appât du gain, oui, chantage, non ! Le journaliste Éric Laurent, invité ce lundi de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, a reconnu avoir accepté 40.000 euros du royaume du Maroc en l'échange de l'abandon d'un livre brûlot contre le roi Mohammed VI et sa famille qu'il préparait avec sa consœur Catherine Graciet. Mais il l'assure, il n'a jamais fait chanté le roi dans le but de percevoir 3 millions d'euros. "Dans les écoutes et les retranscriptions (de ses dialogues avec les représentants du roi, NDR), jamais je n'amène l'idée du deal et du chantage. C'est (un des avocats du roi) qui amorce les choses. Au téléphone, il me dit 'on va trouver un accord si vous voulez, mais on a besoin de vos sources'. Ce que nous refusons, explique Éric Laurent. C'est cet avocat qui prend l'initiative de verser 40.000 à chaque auteur (lui et Catherine Graciet, NDR)".

"Ma femme est très malade, cet argent allait m'aider"

"Oui j'ai accepté l'accord, reconnaît le journaliste. Je n'ai aucun problème avec ça". Il explique : "J'ai une situation personnelle très difficile. Ma femme est très malade, elle a un cancer généralisé. La seule solution qui reste c'est un vaccin expérimental pratiqué aux États-Unis, et je me suis dit que cet argent m'aiderait". "Évidemment que j'ai besoin de cet argent, mais je ne l'ai pas sollicité, insiste-t-il. Je reconnais une faiblesse, mais je n'ai pas à rougir".

Éric Laurent explique que le royaume du Maroc à essayer par ce moyen de les piéger, en faisant en sorte que Catherine Graciet et lui-même soient accusés de chantage et d'extorsion de fonds. "Je suis désolé, ce n'est pas du chantage, c'est une transaction privée. J'ai droit de faire ce que je veux de mon travail. Transformer cette transaction privée en une tentative de chantage, c'est scandaleux".

"J'ai droit de faire ce que je veux de mon travail"

Le journaliste s'en est d'ailleurs longuement pris à Éric Dupond-Moretti, un des avocats du roi du Maroc, "qui a le zèle des nouveaux convertis". "C'est un courtisan marocain. Il en fait trop", a-t-il dénoncé. "Il dit, 'le 23 juillet Éric Laurent téléphone au palais et demande 3 millions d'euros pour ne pas publier son brûlot'. Je mets au défi Dupond-Moretti et le palais de publier un tel enregistrement, qui n'a jamais existé. Nous voulions simplement rencontrer le secrétaire particulier du roi parce que nous avions des documents sensibles (…) et des informations à croiser sur l'héritage d'Hassan II (père de Mohammed VI) et des dépenses somptuaires du roi et de sa famille. Un sujet extrêmement sensible".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin