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Survols de drones: la police totalement démunie face à ce nouveau phénomène

Après le survol, deux nuits de suite, de plusieurs sites parisiens par de mystérieux drones, dont l'ambassade des Etats-Unis, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris. Pour l'heure, il n'y a eu encore aucune interpellation. Il faut dire, comme l'a constaté RMC, que la police manque de moyens pour faire face à cette nouvelle pratique.

Effet de mode, simple jeu ou repérages criminels: les survols de plusieurs sites parisiens par des drones interpellent. Plus précisément le ou les appareils ont été aperçus notamment au-dessus de l'ambassade des Etats-Unis, entre l'Assemblée Nationale et les Invalides, au-dessus de la Concorde ou au-dessus de certaines portes du périphérique parisien. Des sites sensibles donc. C'est pourquoi si Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, a assuré mercredi qu'il n'y avait "pas d'inquiétude à avoir", il a toutefois que ces survols étaient pris "très au sérieux".

Mais, alors qu'une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, il n'y a encore eu aucune interpellation. Il faut dire que face à ce phénomène d'un nouveau genre, les forces de l'ordre sont totalement démunies. Car si le survol d'une agglomération est interdit (la peine encourue est au maximum d'un an de prison et 75 000 euros d'amende, ndlr) encore faut-il pouvoir en attraper les propriétaires. "On fait avec ce qu'on a, c'est-à-dire dire pas grand-chose. C'est pour l'instant le jeu du chat et de la souris le but étant de ne pas perdre le drone de vue", explique à RMC Emmanuel Quéméner, du syndicat Alliance à Paris.

Des policiers en formation

Il ajoute: "Un drone passe d'un pâté de maison à un autre sans avoir à se soucier de la circulation ce qui le rend extrêmement dur à intercepter". Pourtant, des solutions existent. L'une d'elle étant le drone anti-drones: l'Interceptor fabriqué par société MalouTech. "C'est simplissime : on déroule un filet situé sous le drone intercepteur. Il suffit qu'une pale vienne se fixer au filet et le drone intrus est neutralisé, il ne pourra pas s'en défaire", assure dans Bourdin Direct Théo Herraiz, le responsable de l’unité "Drone" au sein de cette entreprise.

Simple et efficace a priori d'autant plus que cet engin est capable de voler jusqu'à 110 km/h et peut donc traquer et stopper un autre drone en quelques secondes. "On n'a aucun problème de poids, ni de dimension au niveau des drones intrus actuellement dans le commerce. On peut tout capturer", certifie Théo Herraiz. Selon nos informations plusieurs policiers sont actuellement formés au pilotage de ces drones. Le ministère de l'Intérieur pourrait même acquérir très prochainement quelques exemplaires de cet Interceptor.

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Maxime Ricard avec Barthélémy Bolo