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Syndicats: "Ils faut les sevrer de l'argent public"

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Dans "Le livre noir des syndicats", Erwan Seznec et Rozenn Le Saint pointent les dérives du monde syndical. Erwan Seznec était l'invité de Raphaëlle Duchemin ce lundi matin dans Bourdin Direct.

Le syndicalisme français va mal. Et les journalistes Erwan Seznec et Rozenn Le Saint dénoncent ces dérives dans leur livre intitulé "Le livre noir des syndicats".

Invité ce lundi matin dans Bourdin Direct, Erwan Seznec a pointé les dysfonctionnements des syndicats français à commencer par leur survie rendue uniquement possible grâce à l'argent public: "Les cotisations des adhérents représentent à peu près 4% de l'argent des syndicats. Si on englobe tout ce que les mairies leur apportent comme avantages en nature, ce que l'Etat leur verse comme subventions et ce que les organismes paritaires leur apportent également comme avantage. Le constat est simple: ils n'ont plus besoin d'adhérents".

"Des centaines de militants islamistes"

D'ailleurs les Français ne sont plus syndiqués: il représenteraient seulement 7% de la population active. En Angleterre, ils sont 4 fois plus.

Selon les auteurs, certains syndicats auraient fait des petits arrangements douteux afin d'assurer leur survie et notamment l'acceptation de l'islamisme radical:

"Ce sont des syndicats qui étaient confrontés à un dilemme: comme ils avaient peu de représentativité et peu d'adhérents, la réforme de 2008 qui a changé les règles de la représentativité les a contraints à accepter n'importe qui. Ils ont vu arriver des centaines de militants islamistes. La CFTC est allée jusqu'à accepter que le 'C' de chrétien qui fait partie de son historique soit transformé en 'coranique' dans certaines entreprises", explique Erwan Seznec.

Ces syndicats ont ensuite fait machine arrière précise le journaliste, "mais c'est allé loin".

"Tellement d'argent public qu'ils n'ont plus besoin d'aller chercher des adhérents"

Les auteurs estiment que les syndicats ne défendent plus les travailleurs: "Ils voudraient les défendre mais ils ne les connaissent plus. C'est un des énormes problèmes de la loi El Khomri. S'il y a des referendums en entreprise, les syndicats ne sont pas dans les entreprises. Ils n'y sont pas parce qu'ils ont tellement d'argent public qu'ils n'ont plus besoin de faire du travail de terrain pour chercher des adhérents un par un".

Une seule solution selon Erwan Seznec: "c'est couper les subventions et les sevrer de l'argent public. En moins de 10 ans c'est quasiment impossible, il faudrait organiser une sortie progressive".