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Tabagisme: "L'Etat dépense bien plus d'argent qu'il n'en reçoit"

A l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, le tabacologue Christian Chevalier était face à Jean-Jacques Bourdin pour rappeler quelques chiffres.

Marisol Touraine l'a rappelé ce mardi: "Près de 60.000 Européens meurent chaque mois du tabac". Et de dénoncer le "lobbying intense" des industriels du tabac qui "combattent pied à pied toute initiative gouvernementale contre la cigarette".

Christian Chevalier, tabacologue et invité ce mardi matin dans Bourdin Direct, a déploré le fait que les prix des cigarettes soit géré par le ministre de l'Economie: "Il faut bien se rendre compte que le prix du tabac en France est géré par Bercy et non pas par le ministère de la santé, c'est un problème".

Et si l'idée que le tabac rapporte gros à l'Etat est très répandue, le tabacologue la bat en brèche: "On dépense beaucoup plus d'argent à cause du tabagisme qu'on en reçoit, c'est une idée reçue. 13 milliards entrent dans les caisses de l'Etat mais 43 milliards en sortent pour soigner, guérir etc."

"La majorité des fumeurs se recrute dans le bas de l'échelle sociale"

Alors quelles solutions pour faire baisser le tabagisme? Pour Christian Chevalier, l'augmentation des prix a ses limites: "On se retrouve face à un problème social. La majorité des fumeurs se recrute dans le bas de l'échelle sociale et qu'à partir du moment où les gens sont accros à la cigarette, ils les achètent quand même".

Le tabacologue préconise un prêt pour les fumeurs qui souhaitent arrêter: "Il faudrait faire un prêt qu'on aux fumeurs qui souhaitent s'arrêter puisqu'il va ensuite faire des économies de ses achats de cigarettes. A partir de ce moment-là on doit pouvoir lui avancer l'argent nécessaire pour qu'il paye les consultations de tabacologie qui sont longues".

Et face à l'arrêt du tabac, nous ne sommes pas tous égaux: "Contrairement à ce qu'on imagine, le tabagisme est d'abord un problème psychique. Parmi les fumeurs qui sont accros, 80% sont accros sur le plan psychique et 20% sur le plan physique, c'est-à-dire que seulement 20% ont besoin de substituts nicotiniques pour arrêter. Bien souvent les femmes sont plus sensibles sur le plan psychique et donc ont plus de mal à arrêter".

P.B. avec JJB.