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Comment lutter contre le racisme et l'antisémitisme en ligne: ça fait débat sur RMC

Le gouvernement présente un plan pour lutter contre les messages de haine que l'on peut voir sur les réseaux sociaux. Parmi les mesures, des amendes pourraient être mises en place.

Comment lutter contre le racisme et l'antisémitisme sur les réseaux sociaux ? Edouard Philippe présente le plan du gouvernement ce lundi. Et parmi les mesures qui devraient être annoncées : un système d'amende dissuasif pour contraindre Facebook, Twitter et les autres à retirer les contenus haineux.

Pour l'instant les hébergeurs trainent des pieds, plusieurs associations avaient fait le test en signalant des messages homophobes ou antisémites à Facebook, Twitter et Youtube. Résultat : seule une toute petite minorité des messages était supprimée. Car aucun délai n'existe dans la loi et les amendes ne sont pas dissuasives.

S'inspirer du modèle allemand ?

Les réseaux sociaux ne sont pas considérés comme des éditeurs, donc ils ne sont pas responsables des commentaires, contrairement aux médias en ligne. Seule obligation : la mise en place d'une procédure de signalement. Pour le gouvernement, il faut donc légiférer et s'inspirer du modèle allemand.

Une loi entrée en vigueur le 1er janvier dernier menace d'une amende de 50 millions d'euros les réseaux qui n'effacent pas les contenus haineux sous les 24 heures. Une bonne idée selon l'avocate Delphine Meillet, qui propose même d'aller plus loin pour lutter contre l'anonymat.

"L'idée est de responsabiliser les hébergeurs. C'est par exemple l'obligation de désigner un représentant local qui serait responsables des propos tenus sur le réseau social. Il peut se voir sanctionné d'une amende s'il dépasse le délai de 48h pour supprimer un contenu illicite qu'on lui a signalé. Si l'utilisateur est anonyme, on pourrait tout simplement supprimer le compte".

Les hébergeurs vent debout

Mais même en Allemagne, la loi qui vient d'entrer en vigueur fait débat. D'abord les hébergeurs qui sont vent debout contre cette loi "liberticide". Sur le principe, ils estiment que ce n'est pas leur rôle de lutter contre les contenus illégaux qui circulent chez eux, c'est comme si on demandait aux sociétés d'autoroutes de contrôler le coffre des voitures.

Et d'un point de vue pratique, c'est compliqué. Facebook a dû recruter 1200 personnes à plein temps pour contrôler les publications en Allemand. Les hébergeurs qui devront rendre un rapport cet été pour faire le bilan sur les messages supprimés. 

Victor Joannin