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Coupe du monde: l'intelligence artificielle de EA Sports avait (encore) raison sur le vainqueur

Pour la quatrième Coupe du monde consécutive, l'intelligence artificielle de EA Sports a trouvé le vainqueur avant le début de la compétition.

La victoire de l’Argentine avait -malheureusement- été prédite par une intelligence artificielle avant le début de la compétition. Dès le premier jour de la compétition, la victoire de l’Argentine avait été trouvée par EA Sports, l’éditeur de Fifa, le jeu de foot le plus populaire du monde. Comme à chaque grande compétition, ils avaient fait leurs pronostics.

Le principe : on fait tourner une simulation du jeu pour l’intégralité de la compétition en se basant sur les paramètres du jeu, qui reproduit de manière très fine les forces et les faiblesses de chaque joueur et de chaque équipe et les modélise sous forme numérique. Ils disposent en effet d’une base de données monumentale sur les joueurs, leurs caractéristiques, leur forme du moment, actualisée très régulièrement. Et quand on fait tourner tout ça, sur le papier -ou plutôt dans le code informatique- l’algorithme avait identifié l’Argentine comme l’équipe la plus forte, celle qui avait le plus de chances de l’emporter.

Pari gagné. Et surtout, ce qui est encore plus troublant, c’est que c’est la quatrième fois de suite que cet algorithme désigne à l’avance le vainqueur de la Coupe du monde: en 2010 il avait prédit la victoire de l’Espagne, en 2014 celle de l’Allemagne et en 2018 celle de la France avec une bonne partie de son parcours, comme le fait qu’on serait en demi-finales contre la Belgique qui aurait sorti le Brésil… Il fallait quand même l’anticiper!

Une IA qui s’est trompée aussi sur pas mal de choses

Cet outil, aussi sophistiqué soit-il, s’est lamentablement planté dans les appariements. Puisqu’il avait prédit un France-Argentine certes, mais en demi-finales, ce qui vu les poules de départ n’était techniquement pas possible (si les deux équipes finissaient premières de leur poule).

En fait, probablement une erreur humaine, mais qui fausse forcément les résultats: la machine imaginait une finale Argentine-Brésil. Et pour ce qui est du parcours des Bleus, c’est assez mitigé: elle nous voyait remporter notre poule, gagner en 8es contre la Pologne, puis les quarts 1-0 contre les Etats-Unis, puis défaite contre l’Argentine en demies.

Conclusion: on a des modèles prédictifs assez performants mais heureusement, les ordinateurs se trompent parfois. La beauté du sport, c’est précisément que ce ne sont pas que des statistiques, c’est aussi de l’imprévu, une blessure, un coup de fatigue ou un coup de génie. Tous les retournements de situation complétement dingues du match de dimanche, aucune machine n’aurait pu les prédire.

Ni le parcours incroyable de certaines équipes qui se sont révélées, comme le Maroc, qui ne passait pas la phase de poules selon le même outil. Dernier point: l’IA prédisait Messi meilleur buteur de la compétition avec 8 buts. Raté puisqu’il a été dépassé sur le fil par Kylian Mbappé.

Plus largement, ce qu’on appelle l’analyse prédictive est un champ passionnant, que ce soit dans le sport, mais aussi dans la politique par exemple, comme cet outil qui s’appelle MogAI, qui avait notamment permis de prédire l’élection de Trump en 2016, quand personne n’y croyait, en analysant "l’humeur" des réseaux sociaux. Mais aussi prédire l’évolution d’une pandémie, l’évolution d’une maladie, l’arrivée d’une catastrophe naturelle, ou la probabilité qu’un crime se produise...

Anthony Morel (édité par J.A.)