RMC

"Dupin Quotidien": les smartphones dans le viseur de l'Arcep

Dans un rapport remis au gouvernement, l'Arcep plaide pour un élargissement de la neutralité du Net aux smartphones. Selon le gendarme des télécoms, les terminaux, leurs logiciels d'exploitation et leurs magasins d'applications limitent notre accès à Internet. A-t-il raison?

Les fabricants de téléphones dans le viseur du gendarme des télécoms. L'Arcep vient de remettre au gouvernement un rapport qui s'attaque fortement aux smartphones et aux entreprises qui les fabriquent. L'autorité s'inquiète car elle estime que nous sommes en quelque sorte "prisonniers" dès le moment où on les achètent. "Otages" de nos téléphones, car l'accès à Internet se fait de moins en moins via nos ordinateurs, et de plus en plus via nos téléphones, et surtout via les applications qui sont sur nos téléphones intelligents. Or, ces applis limitent, sans qu'on s'en rende compte, le champ d'accès à internet.

Qui a droit de vie ou de mort sur ces applications? Une petite poignée d'acteurs, toujours les mêmes: Apple, Google, Samsung et Amazon. Ce sont eux qui acceptent - ou non - quelles applications peuvent entrer dans leurs magasins en ligne, comme les fameux Apple Store ou Google Play. Les usagers se retrouvent ainsi enfermés dans leur univers parce que 86% du trafic sur les smartphones se fait via les applications...

Que les géants du Web arrêtent de choisir pour nous 

Depuis novembre 2015, le règlement européen garantit le droit des citoyens de pouvoir accéder librement à tout contenu sans aucune entrave. Sauf que ça ne sert à rien si ça ne s'applique pas aux smartphones. C'est comme de la plomberie: si on nettoie les tuyaux, on les débouche pour que tout passe bien... mais personne ne s'occupe des robinets, qui sont les équipements avec lesquels on se connecte au réseau. 

C'est pour ça que l'Arcep veut étendre ce principe de neutralité aux smartphones, pour que les géants du Web arrêtent de choisir pour nous. 

Quelles mesures?

Pour rendre leur liberté aux utilisateurs, le gendarme des télécoms propose donc au gouvernement de prendre plusieurs mesures concrètes, comme la possibilité, notamment, de pouvoir supprimer les applications pré-installées sur les smartphones. Le droit, aussi, d'utiliser un moteur de recherche d'applications.

La situation est d'autant plus urgente: ça ne va pas s'arranger avec le développement des voitures connectées, des enceintes connectées et des assistants vocaux...

Marie Dupin