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"J’ai peur de sortir parce que je reçois des menaces": agressée par une bande rivale, Alice 14 ans, vit cloîtrée chez elle

Agressée par une quinzaine de filles de son âge, Alice ne sort plus de chez elle par crainte de se faire à nouveau frapper. L'adolescente de 14 ans se dit menacée sur les réseaux sociaux.

Des insultes, des intimidations envoyées sur le portable, puis ce traquenard savamment organisé pour isoler Alice et lui donner une correction après un regard déplacé. Alors qu’elle sort de cours vendredi 31 janvier, 4 filles d’une bande rivale l’attendent devant son collège de Nice. L’adolescente de 14 ans refuse de rester au sein de l’établissement et s’enfuit alors en courant. Elle est alors rattrapée par une quinzaine de filles dans une petite ruelle à proximité du collège et est rouée de coups. Sa sœur jumelle et une amie arrivées plus tard, tentent d’intervenir mais reçoivent des jets de bombes lacrymogènes.

"Je me suis retrouvée toute seule et plusieurs filles sont sorties de nulle part en survêt et avec des bagues à leurs doigts. J’ai reçu beaucoup de coups dans la tête et dans les bras parce que je me protégeais", explique Alice au micro de RMC.

"Pourquoi nos enfants ne sont pas protégés ?"

Mais ce n’est pas une première. Depuis deux ans, Alice se dit menacée par une adolescente d’un autre collège qui attise la haine sur les réseaux sociaux : "J’ai peur de sortir parce que je reçois des messages comme quoi on va m’attraper en ville, qu’il faut que je regarde autour de moi. Je me méfie de tout le monde", explique-t-elle. Aujourd’hui, les deux sœurs, ainsi que leur amie, préfèrent rester chez elles.

Zahia la mère d'Alice, a porté plainte contre les agresseuses. Elle reproche un manque de considération et de soutien de la part du collège et des autorités: "Je ne sais pas pourquoi nos enfants ne sont pas protégés. Au bout de deux ans personne n'arrête les autres adolescentes, ça me dépasse. Aujourd’hui je suis très en colère et je me dis que beaucoup n’ont pas fait leur mission correctement".

Le rectorat de Nice se défend affirmant qu’Alice et sa sœur sont des fortes têtes et assure avoir proposé une médiation pour apaiser la situation.

Kelly Vargin (avec Guillaume Dussourt)