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La technologie, arme fatale du XV de France ?

Romain Ntamack avec le XV de France dans le Tournoi des VI Nations 2022

Romain Ntamack avec le XV de France dans le Tournoi des VI Nations 2022 - Icon Sport

Alors que la France affronte l'Angleterre ce soir en tournoi des 6 nations à 21h pour tenter de décrocher le Grand Chelem, Anthony Morel nous met en immersion dans un sport où la technologie joue un rôle de plus en plus crucial pour améliorer les performances de l'équipe.

Le rugby a été un sport pionnier dans l’exploitation du « big data ». Exploiter une masse d’informations numériques pour optimiser les performances de l’équipe. Et c’est encore plus vrai en équipe de France. Fabien Galthié, le sélectionneur,connaît très bien ce milieu. Il a d’ailleurs été vice-président de Cap Gemini consulting, grande entreprise française du numérique.

Des balises GPS sur le maillot, des caméras joueurs et même des drones

Parmi les armes à sa disposition : des balise GPS fixées dans le maillot, entre les omoplates va, pendant que le joueur est sur le terrain, analyser la vitesse, le positionnement, la distance parcourue, les accélérations, le rythme cardiaque.

Toutes ces données sont décortiquées, recoupées pour connaître précisément l’état de forme des joueurs, voir à quel moment ils sont dans le rouge et surtout ne pas les pousser au-delà d’une certaine limite. On va aussi utiliser, à l’entraînement, des caméras centrées sur chacun des joueurs, qui vont enregistrer les mouvements, les postures. A l’entraînement, certaines équipes, comme l’ASM Clermont Auvergne, utilisent même des drones qui filment les séances en haute définition, avant de décortiquer chaque séquence de jeu avec les joueurs.

La technologie pour éviter les blessures et les commotions cérébrales

Il y a également un autre enjeu, c'est d'éviter les commotions cérébrales à cause des chocs à répétition, et la aussi la technologie change la donne. Certaines équipes commencent à tester un outil qui prend la forme soit d’un petit pansement bardé d’électronique sur lequel travaille Samsung, qui va analyser tous les chocs au niveau de la tête, le nombre d’impacts, leur angle et leur puissance. Toutes ces informations sont envoyées vers l’arbitre, qui peut décider d’arrêter le jeu en cas de choc, et évidemment vers le coach et le staff médical qui va pouvoir analyser les données et prendre la décision de faire sortir le joueur ou non.

La technologie tue-t-elle le sport ?

Trop de technologie tue le sport. Il devient mécanique, on supprime une partie de l’instinct et de l’émotion. Une étude britannique qui se base sur des témoignages, montre par exemple que certains joueurs n’osent plus prendre de risques sur le terrain de peur de faire baisser leurs statistiques individuelles. Le rugby serait même en train de se transformer en sport... individuel ! Beaucoup de joueurs pensent d’abord à améliorer leurs statistiques, de manière obsessionnelle, plutôt que de penser en termes de collectif. Certains se plaignent aussi d’une culture du big brother : on mesure à chaque instant leurs performances physiques, leur rythme cardiaque, leur sommeil, leur poids... Une pression énorme mise sur les joueurs. On peut faire le même constat pour le foot et plein d’autres sports. Si on regarde du côté des Etats-Unis, le sport professionnel est devenu une science. 

Par Lucas Brunel