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Paris, on t'aime aussi, la réponse au spot d'Anne Hidalgo: "On a voulu donner un côté plus humain"

Afin de relancer le tourisme, la mairie de Paris a récemment diffusé la vidéo Paris, Je t'aime. Un court métrage en forme de déclaration d'amour mais qui n'a pas séduit tout le monde. Maxime Baudin et Léo Bigiaoui, deux réalisateurs parisiens, estiment qu'il comporte trop de clichés. En réponse, ils viennent de mettre en ligne leur clip, intitulé Paris on t'aime aussi, déjà visionné plus d'un million de fois, représentant la vie parisienne "telle qu'on l'aime".

"Quand on a vu la vidéo d'Anne Hidalgo, on a trouvé qu'elle était belle esthétiquement mais, qu'au final, ça ne représentait pas Paris, le Paris que l'on connaît, dans lequel on vit. Cette vidéo joue beaucoup sur les clichés que le monde entier connaît à savoir la Tour Eiffel, la mode, la gastronomie… On a compris l'intention de cette vidéo: c'était même vraiment urgent qu'elle soit faite pour relancer le tourisme. Mais on trouvait dommage de ne pas montrer les autres facettes de Paris qui sont tout aussi intéressantes. On s'est donc directement dit qu'il fallait réagir, qu'on fasse notre vidéo avec notre vision de Paris.

On est bien conscients que ce n'est pas forcément la vision juste de la ville. C'est une vision parmi tant d'autres. En tout cas, c'est la nôtre. On aime Paris pour sa diversité, pour toutes ses couleurs. Du coup, pendant trois jours, on a tourné de façon intense, en quadrillant la ville et en essayant de ne pas oublier des lieux intéressants. On a filmé une ville dans laquelle on vit depuis un moment et du coup ça a aussi changé notre perception de la ville. On a découvert plein de coins de Paris qu'on n'avait jamais vu sous cet angle. Ça nous a fait revisiter Paris.

"Tellement tout le reste à montrer"

Le choix des lieux a été assez naturel. La vidéo d'Anne Hidalgo est très centralisée dans les quartiers riches, les quartiers assez bourgeois et touristiques. Mais il y avait tellement d'autres choses à montrer que c'était assez simple de choisir. Même si on a forcément orienté nos recherches en fonction de ce que l'on aimait, ce qui nous plaisait. Par exemple, on ne pouvait pas ne pas montrer la Tour Eiffel mais on voulait la montrer un peu différemment, vue du métro de la ligne 6, comme les Parisiens la voit vraiment.

On n'allait pas jouer non plus sur le même tableau que la vidéo de la mairie qui est produite avec des drones, des autorisations de tournage, etc. Autant de processus et d'organisation que nous n'avions pas. Nous, on était que tous les deux, avec un petit boîtier. Ce qui nous a permis d'être plus accessible, de rencontrer des gens sans leur faire peur. On a voulu donner un côté plus humain.

"Une vision additionnelle"

Ce qui nous a un peu dérouté aussi c'est le choix des mises en scènes. Des gamins sur le toit de l'Opéra Garnier dansant habillés en costard, c'est beau, poétique mais on est quand même très loin de ce qu'on va voir à Paris. En fait, la vidéo de la mairie vend des choses qui vont être vraies dans certaines rues. Mais les touristes vont être confrontés à d'autres réalités qui vont leur faire peur parce qu'ils ne la connaissent pas. Alors que c'est une des richesses de Paris.

On n'est pas là pour dire que notre vidéo résume mieux Paris. Pas du tout. C'est une vision subjective et additionnelle. Mais elle semble avoir plu car elle a été partagée par la mairie de Paris et Anne Hidalgo. On a aussi eu un message de l'adjoint au maire chargé du Tourisme avec qui on doit prendre un café demain. Ils sont vraiment dans une démarche intelligente. Ils ne refoulent pas la vidéo. Ils ont compris notre démarche et on pense que notre vidéo permet d'attirer d'autres types de personnes. Cela montre deux facettes de Paris, plus ou moins vraies toutes les deux".

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