RMC

Qui sont les "Pessi", ces internautes qui organisent des "raids" contre des personnalités sur Twitter?

Les Pessi organisent des raids sur Twitter lors desquels ils bombardent de messages loufoques les posts de certaines personnalités. Et sans tomber sous le coup de la loi ni enfreindre les règles de Twitter.

Marlène Schiappa, Pierre Ménès, ou encore la jeune Mila : tous ont été victimes des Pessi ces derniers jours. Ils se font appeler "Pessi", contraction de penalty et de Messi, pour se moquer de la propension de Messi à rater ses tirs au buts. Et leur photo de profil sur Twitter est une photo de Messi chauve, sans qu’on sache trop pourquoi… Mais qui sont-ils ? Au départ, de jeunes internautes plutôt fans de foot, qui avaient pris l’habitude de troller, de réagir en masse et de manière un peu bébête à différentes actus foot sur Twitter.

Mais ces derniers jours, leurs actions sont devenues beaucoup plus coordonnées et ciblés. Ils organisent ce qu’on appelle des "raids numériques" en se jouant des règles de Twitter. Le principe : commenter massivement les publications d’une personnalité, pour faire bugger son compte, le rendre inaccessible, submerger cette personne de milliers de messages pour la pousser à passer son compte en privé. Mais attention, les Pessi prennent bien soin de ne pas publier d’insultes ou de menaces dans leurs commentaires, pour ne pas tomber sous le coup de la modération de Twitter.

>> A LIRE AUSSI - Covid-19 : les personnes positives à l'arrivée dans les aéroports parisiens pourront être isolées

Paroles de rap ou recettes de gâteaux en guise de commentaires

Parmi les dernières cibles des Pessi, il y avait donc Marlène Schiappa qui a dû passer son compte en privé ce week-end pour faire face aux dizaines de milliers de messages qu’elle recevait, l’ambassade de Chine qui a aussi été la cible d’un raid numérique et enfin Pierre Ménès. Les Pessi expliquent qu’à chaque fois, il y a un message derrière ces raids, même s’il reste assez nébuleux.

Dernière cible en date : Gérald Darmanin. Mercredi soir, le ministre de l’Intérieur a annoncé dans un tweet sa venue ce matin sur RMC et BFMTV. En quelques minutes, il a reçu plus de 12.000 réponses à ce tweet… Un tsunami de messages tous plus loufoques les uns que les autres : que ce soit des paroles de rap ou la recette du moelleux au chocolat. Objectif : noyer le compte du ministre sous des messages absurdes.

Et jusqu’à présent les Pessi semblent tout puissants. Twitter a bien du mal à les modérer, car ils n’insultent et ne menacent pas. Et d’un point de vue pénal, il existe bien une loi qui punit les raids numériques, mais uniquement si ces derniers ont un caractère sexuel ou sexiste. Ce que les Pessi se gardent bien de faire...

Charles Magnien