RMC

Restreindre l'accès à Facebook aux moins de 16 ans? "Une petite partie de ce qu'il faudrait faire"

-

- - -

Faudra-t-il bientôt une autorisation parentale pour s'inscrire sur les réseaux sociaux quand on a moins de 16 ans? C'est ce qu'envisage le gouvernement dans le cadre du projet de loi sur les données numériques. Mais une telle mesure doit être accompagnée d'une éducation au numérique, estime Amélie Favreau, spécialiste de la protection des données personnelles.

Amélie Favreau est maître de conférences à l'Université Grenoble-Alpes, spécialiste de la protection des données personnelles.

"Sur le principe c'est très bien, mais derrière il faut mettre en œuvre cette limitation car cette interdiction est déclarative donc elle peut facilement être contournée. Et c'est là que l'éducation des parents et des enfants entre en jeu. Il faudrait en fait que parents et enfants aient reçu une éducation plus large au numérique pas seulement aux réseaux sociaux. Cette éducation commence à entrer dans les écoles, les collèges, mais je ne suis pas sûre que les parents trentenaires-quarantenaires en aient vraiment conscience et pensent à transmettre ce type de message.

Ce genre de mesure peut être utile si le parent accompagne l'enfant dans l'ouverture de son compte. Les réseaux sociaux pourraient par exemple avoir des codes de conduite pour leurs utilisateurs. On pourrait penser aussi à des mécanismes de certification. On pourrait très bien imaginer que les réseaux sociaux aient des obligations propres qui les obligeraient à vérifier l'âge des personnes et à s'assurer de leur consentement éclairé. C'est une responsabilité de tous les acteurs: enfants, parents et sites internet.

"Des dangers réels et multiples"

Le consentement parental, c'est une petite partie de ce qu'il faudrait faire. Si on obligeait Facebook à vraiment vérifier l'âge des jeunes, ce serait plus utile, même s'il y a toujours des biais de contournement.

Car les dangers pour les enfants sont multiples et réels. Il y a les dangers à court terme: pédophilie, agression, il y a aussi tout ce qui est harcèlement scolaire et moral. Et il y a des dangers à plus long terme qui sont liés à l'absence de disparition de ces données et le risque est de les voir un jour ressurgir".

Propos recueillis par Paulina Benavente