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Télé, mail, réseaux sociaux: Elizabeth II, une reine très high-tech

Si elle n'en donnait pas l'image au premier abord, la reine Elizabeth II était une personnalité très présente sur les réseaux sociaux, après avoir rapidement saisi l'importance de la télévision au début de son règne. Une manière de dépoussiérer l'image de la monarchie.

On ne s’en doute pas forcément, mais Elizabeth II était aussi une reine high-tech. Surtout, elle a très vite compris l’intérêt que pouvait avoir la technologie pour dépoussiérer l’image de la monarchie et créer un lien plus direct avec son peuple.

Pour utiliser un anglicisme, Elizabeth II était une ”early adopter”. Le genre de personne qui adoptait très tôt les innovations et les nouveaux usages. Et elle s’en est servie notamment pour ouvrir un peu plus vers son peuple une monarchie jusque-là très fermée et austère.

En 1953, c’est elle qui décide que son couronnement sera diffusé en direct à la télévision, une première dans l’histoire de la monarchie. Une aubaine pour les vendeurs de télés, qui vont en vendre un demi-million juste avant l’événement. 27 millions de personnes vont pouvoir assister en direct à l’événement depuis l’abbaye de Westminster. Quelques années plus tard, elle diffuse de la même manière ses vœux de Noël, là encore une première.

Ça peut sembler anecdotique mais le but, c’était de créer une forme de proximité, relative, qui n’existait pas jusque-là entre un souverain et son peuple. Plus tard, au fil des évolutions technologiques, les messages de Noël seront diffusés par podcast, puis sur une chaîne Youtube, et même en 3D en 2012. A l’époque où les télés 3D étaient à la mode, avec de grosses lunettes. Les gens avaient la reine Elizabeth dans leur salon, ou presque.

Pour la plupart d’entre nous, notre premier mail envoyé a été vers la fin des années 90. La reine, elle, c’était en 1976, à une époque où 99,9% des gens n’avaient même pas idée qu’on pouvait échanger des paquets de données via un réseau informatique. C’était sur une machine militaire, via Arpanet, l’ancêtre d’internet. Bon, techniquement, on lui avait pré-écrit le message et elle n’avait qu’à appuyer sur un bouton, mais quand même. Elle avait même, comme tout bon internaute, un petit pseudo online: HME2, Her Majesty Elizabeth the Second. Ensuite, elle va embrasser l’arrivée d’internet en dévoilant le site de la royauté en 1997, avant que la plupart des grands médias britanniques n’aient le leur.

Un compte Facebook secret?

C’était aussi la reine des réseaux sociaux. Sur son compte Instagram, pas vraiment des selfies en prenant le thé à Buckingham, plutôt des photos très officielles de la famille royale, mais quand même, elle a des millions de followers. Sur Twitter, elle publie son premier message en 2014 à l’occasion d’une exposition au musée des sciences de Londres. Elle a utilisé Zoom aussi pour les visioconférences pendant le Covid. Elle n’était pas sur TikTok, ou alors on ne le savait pas.

Il y avait même une rumeur insistante qui voulait qu’elle ait un compte Facebook caché, sous un nom de code qui lui permettait de suivre l’activité de sa famille et de son cercle le plus proche…

À plus de 90 ans, elle aimait beaucoup les tablettes tactiles et utilisait toujours un smartphone. Elle était team Samsung, avec évidemment un système de chiffrage très puissant pour éviter tout piratage. La marque sud-coréenne s'enorgueillit même d’avoir le “royal warrant”, titre de fournisseur officiel de la maison royale, dont elle se servait pour appeler deux personnes: sa fille, la princesse Anne, et son directeur des courses hippiques, qui pouvait l’appeler n’importe, où n’importe quand, et elle répondait.

Et puis elle a donné lieu, à son corps défendant, à des milliers de "memes", ces photos détournées qui deviennent virales, notamment sur sa supposée immortalité.

Anthony Morel