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Un médecin dans mon smartphone: une appli pour détecter les problèmes de peau

Nos smartphones sont de plus en plus en train de se transformer en assistants médicaux. Google, par exemple, a mis au point une application capable de jouer les dermatologues et d’identifier près de 300 problèmes de peau à partir d’une simple photo.

Les appareils photos de plus en plus performants de nos smartphones, combinés à de l’intelligence artificielle, vont se transformer en assistants médicaux. Un bon exemple, c’est pour les problèmes de peau. On a tous fait une recherche sur internet parce qu’on avait un doute sur un eczéma ou un grain de beauté. Ce n’est jamais une bonne idée… Google a mis au point une appli en cours de déploiement, baptisée Derm Assist, qui est capable, à partir de simples photos, de détecter 288 problèmes de peau différents. Vous prenez trois photos, l’application va les analyser. On l’a entraîné, c’est du machine learning, en lui faisant ingurgiter des tonnes d’images pour savoir à quoi correspond telle petite tâche... En prenant en compte d’autres paramètres, et en vous posant quelques questions (votre âge, symptômes, depuis combien de temps vous avez ça…), instantanément, l’appli va vous donner son "diagnostic". On sait qu’on a aujourd’hui des IA qui, sur l’analyse des grains de beauté potentiellement dangereux par exemple, ont un "œil" plus précis que celui des médecins humains, avec un taux de précision de l’ordre de 95%. L’application ne remplace pas une consultation mais va vous aiguiller et vous décider à prendre ou non rendez-vous avec un médecin. Après, la question, c’est : est-ce que ça ne va pas nous transformer en une génération d’hypocondriaques ?

Le rythme cardiaque et la respiration analysés par le smartphone

Les problèmes de peau, c’est un exemple, mais ça va beaucoup plus loin que ça. De plus en plus, les smartphones intègrent des fonctionnalités liées à la santé. Depuis le début de la crise sanitaire, certains fabricants intègrent par exemple une fonction thermomètre : vous placez le téléphone au niveau du front et l’écran vous dit si vous avez de la fièvre. De plus en plus de smartphones intègrent aussi des fonctionnalités pour analyser le rythme cardiaque, en pressant son doigt sur l’appareil photo, qui va analyser les changements de couleur sous la peau, indétectables à l’œil nu. La respiration aussi : en filmant son torse, la caméra va mesurer la fréquence respiratoire pour avoir un suivi quotidien. Dans les modèles de demain, on pourra même utiliser le micro du smartphone, placé sur la poitrine, pour enregistrer les bruits du cœur et des poumons et les envoyer à un médecin. Une sorte de stéthoscope embarqué ! Sachant qu’on est parfois à la frontière entre des accessoires de bien-être et des vrais objets médicaux... Rien ne remplace évidemment une vraie consultation.

Ça permettrait aussi d’avoir des téléconsultations beaucoup plus poussées… La télémédecine est de plus en plus populaire mais elle a toujours ce gros point faible : on parle au médecin par écran interposé, donc sans auscultation… Là, on pourra réaliser des auscultations à distance. Certaines startups travaillent des applications qui permettraient, en filmant son visage, de mesurer tout un tas de constantes vitales : la pression sanguine, le pouls, la saturation en oxygène… Une technologie qui consiste à mesurer le taux d’absorption de la lumière par le sang qui circule sous le visage. En moins de 20 secondes, vous avez un petit checkup personnalisé. Et on ne parle que du smartphone… Si on combine ça avec les montres connectées, capables de récupérer des données cardiaques très précises, et bientôt la glycémie d’un patient diabétique… De quoi générer des hordes d’hypocondriaques !

Anthony Morel