RMC

Victime de harcèlement en ligne, sa fille s'est suicidée: "Elle a vécu l'enfer"

En mars dernier, le suicide d'une adolescente à Lisieux (Calvados), victime de harcèlement en ligne, avait provoqué l'émoi de toute une région. A l'occasion de la journée consacrée à la prévention contre le cybersexisme, Véronique, sa mère témoigne de nouveau au micro de RMC.

Dans chaque classe, trois filles et deux garçons sont victimes de violences en ligne, ou cybersexisme. Ce sont les chiffres inquiétants dévoilés ce lundi dans la toute première étude sociologique menée sur la question du cybersexisme (étude réalisée par l'OUIEP, Oberservatoire universitaire international éducation et prévention), auprès de jeunes âgés de 12 à 15 ans, menée dans 12 collèges et lycées franciliens entre 2015 et 2016.

"Elle a préféré mettre fin à ses jours"

Le cybersexisme c'est l'ensemble des violences propagées sur le web, qu'il s'agisse d'insulter, harceler, humilier, répandre des rumeurs... Un exemple: une collégienne envoie une photo d'elle dénudée à un petit ami insistant. Il diffuse ensuite le cliché qui devient viral sur les réseaux sociaux. C'est du cybersexisme. Le phénomène se répand dans les cours de récréation et peut avoir des conséquences très graves. La preuve en mars dernier, à Lisieux (Calvados), Juliette, une adolescente de 15 ans s'était suicidée, victime de harcèlement en ligne. Une mort qui provoqué l'émoi de toute une région.

A l'occasion de la journée consacrée à la prévention contre le cybersexisme, Véronique, sa mère, témoigne de nouveau au micro de RMC: "Comment voulez-vous dire à vos parents que vous avez fait une photo de vous, nu, et que vous avez été harcelé? C'est difficile. Elle a donc préféré mettre fin à ses jours". L'adolescente, désespérée, à bout, s'est jetée sous un train... Pour Véronique, les parents doivent à tout prix alerter leurs enfants sur les dangers des réseaux sociaux.

"Elle a été traitée de tous les noms"

"Il faut dire à ses enfants que l'on n'a pas 500 amis. C'est faux. La preuve, ma fille avait 350 amis sur Facebook et, malheureusement, il y en a peut-être 200 qui ont diffusé les photos de portable en portable. Ce n'était donc pas des amis", déclare-t-elle. Et d'ajouter: "Ma fille a vécu l'enfer. Elle a été traitée de tous les noms. Elle recevait des messages à caractères pornographiques. Les enfants sont tellement méchants entre eux qu'ils pensent que c'est drôle. C'est ça le pire".

Pour Hélène Romano, docteur en psychopathologie, le cybersexisme est amplifié par le fait que l'on a accès aux écrans de plus en plus jeune et souvent tout seul: "Il y a un accès de plus en plus grand et de plus en plus facile aux écrans, via les ordinateurs et surtout via les smartphones. Ce qui a complètement changé la donne. Le fait que ça soit anonyme facilite aussi une forme de décharge d'agressivité qui ne serait probablement pas exprimée de la même façon si ces jeunes se trouvaient les uns en face des autres".

M.R avec Marie Monier