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Tests salivaires dans les lycées d'Ile-de-France: "Une forme d'atteinte à la vie privée"

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- - DENIS CHARLET / AFP

REPORTAGE - La promesse de campagne de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains), qui prévoit le financement dans les lycées franciliens de tests salivaires de dépistage de consommation de drogue va être mise en place "dès que possible". Mais cette mesure est loin de faire l'unanimité dans les lycées.

C'était l'une des principales promesses de campagne de la nouvelle présidente de la région Ile-de-France. Valérie Pécresse souhaite des tests salivaires de dépistage de cannabis dans les lycées. Une mesure que l’élue Les Républicains souhaite mettre en place "dès que possible". "Je veux un plan de protection anti-dealers, je veux qu'avec les proviseurs on sécurise l'entrée des lycées. Les tests salivaires font partie d'un outillage que je veux donner aux proviseurs", a-t-elle encore déclaré ce mercredi sur RMC et BFMTV.

Objectif: diminuer l'usage de drogues chez les jeunes grâce à une prévention plus ciblée. Les résultats des tests seront envoyés aux parents et aux élèves. Les enseignants et proviseurs, eux, n'auront que les statistiques de leurs établissement, le tout de façon anonyme. Une mesure loin de faire l'unanimité dans les lycées franciliens.

"Relation de confiance plus que répression"

Interrogés pas RMC à l'heure du déjeuner, Nadir et Agnès avouent avoir déjà fumé du cannabis. Alors ils ne souhaitent absolument pas se faire dépister au lycée, surtout si les parents reçoivent les résultats ensuite. "Les jeunes font ça de temps en temps et pour s'amuser, estime Agnès. Alors si juste pour une petite bêtise, ils se font punir par leurs parents ce serait dommage." "Prévenir les parents, c'est un peu une atteinte à la vie privée, considère pour sa part Nadir. Les parents ne veulent en plus pas forcément savoir si leurs enfants fument du cannabis".

Un avis partagé par certains représentants de parents d'élèves comme Valérie Marty, la présidente de la Peep: "Est-ce que savoir s'ils ont fumé un joint pendant une soirée est la vraie préoccupation des parents? Je ne pense pas. Je pense que les parents sont plus dans une relation d'éducation de confiance et non dans un univers de répression".

"On n'apprendrait pas grand-chose"

Or pour que les lycées pratiquent ce dépistage, il faut l'accord des parents. Un véritable frein pour Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, le principal syndicat des proviseurs. "Ceux qui seraient supposés positifs ne seraient pas volontaires donc on n'apprendrait pas grand-chose, souligne-t-il. Si vous avez simplement un nombre brut de résultats positifs, vous n'en faites rigoureusement rien. S'il est un peu inférieur à la moyenne, vous estimez que le phénomène est moins développé qu'ailleurs et ne faites encore moins".

Alors que chaque test coûterait une dizaine d’euros et serait financé par la Région, Philippe Tournier en est persuadé: "Aucune mesure de cette nature isolée ne produira de résultats". Pas sûr donc que la proposition de Valérie Pécresse obtienne le feu vert des conseils d'administration de chaque lycée, pourtant obligatoire pour la déployer.

M.R avec Charlotte Peyronnet