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Thomas Guénolé plaide pour "la sélection à l’entrée de l’université"

Thomas Guénolé, politologue, ce mercredi.

Thomas Guénolé, politologue, ce mercredi. - RMC

"Il y a une hypocrisie à dire aux jeunes on va tous vous laisser entrer à l’université, mais on va sournoisement vous sélectionner". Thomas Guénolé, politologue et chroniqueur à RMC, a proposé ce mercredi d’instaurer la sélection, "sur concours ou sur dossier", à l’entrée de l’université.

"C’est immoral de laisser entrer tous les jeunes à l’université, espérer un diplôme et se fracasser dès la première année pour la moitié d’entre eux". Ce mercredi matin dans Bourdin Direct sur RMC, le politologue Thomas Guénolé a plaidé pour l'instauration d'une "sélection à l’entrée de l’université, sur concours" ou, si ça pose des problèmes de coût, "sur dossier".

"Il y a une hypocrisie, qui ment à nos jeunes en leur disant: accès à l’université pour tous, vous y avez tous droit", a poursuivi Thomas Guénolé. "Et puis derrière, il y a la moitié qui lâche dès la première année. Puis, il va y avoir une sélection, une boucherie, en troisième année. Donc il y a une hypocrisie à dire on va tous vous laisser entrer, mais on va sournoisement vous sélectionner".

"Respecter les jeunes, c'est être honnête avec eux"

"Il y a quelque chose de foncièrement écœurant à laisser les jeunes rentrer dans des filières où il n’y a pas de débouché derrière", s’est indigné le chroniqueur de RMC. "Respecter les jeunes, c’est être honnête avec eux. Et c’est être honnête également sur les débouchés". "Les parents et les jeunes bacheliers sont paumés sur les débouchés", a-t-il ajouté.

"Il faudrait un rapport annuel d’orientation qui permette de savoir: avec tel diplôme, ça donne accès à plutôt tel métier, en pourcentage, et au démarrage, on gagne tant. Comme ça, les gens pourraient choisir en connaissance de cause". 

"Paupérisation de l'université"

En outre, l’absence de sélection à l’entrée de l’université pose selon lui "un énorme problème d’embouteillage en première année", qui entraîne "une paupérisation de l’université". "Toute la logistique de l’université va être encombrée par cette masse d’élèves, qui vont être virés de facto à peu près en troisième année".

"Les parents seront heureux d’apprendre qu’il existe un logiciel qui permet, pour certaines filières débordées par rapport à leur nombre de places, d'effectuer la sélection des candidats par tirage au sort", a expliqué le politologue sur RMC.

"Le souci est largement avant l'entrée à l'université"

Joint par RMC, William Martinet, président de l’Unef, s’est déclaré de son côté totalement opposé à toute forme de sélection à l’entrée de l’université.

"Je pense que le souci n’est pas à l’entrée de l’université, il est largement avant", a répondu le président du principal syndicat étudiant. "Est-ce que tous les élèves peuvent suivre une consultation avec une conseillère d’orientation après le brevet pour orienter, par exemple, ceux qui sont intéressés par une filière professionnelle? Je ne pense pas! On leur dit: tu as des bonnes notes au brevet, bien évidemment tu dois aller au lycée. Au lycée, c’est la même chose". 

C. P.