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Tourisme à Nice: "On ne peut pas garder tout le personnel si on fait 40% de moins"

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Quatre jours après l'attentat sur la Promenade des Anglais, les touristes annulent leurs réservations. Pour l'instant, les hôteliers et restaurateurs de la région se refusent à donner des chiffres mais tous s'accordent à dire que les résultats ne seront pas bons.

Annulations en série… L'attentat de Nice a eu lieu en plein été, une période cruciale pour la deuxième destination touristique de France. La ville reçoit chaque année près de 5 millions de personnes, dont environ 40% d'étrangers. La ville compte 200 hôtels avec une capacité de 10.000 chambres.

Les hôteliers et restaurateurs de la région ne s'avancent pas à donner de chiffres pour l'instant, mais les résultats ne seront pas bons. Dans un hôtel 3 étoiles du quartier de la gare, la liste de ceux qui ne viendront pas a continué de s'allonger hier: "Ces derniers temps, l'hôtel était quasiment rempli à 100%. Ce soir, nous sommes à 50%", compte Charlotte qui travaille à l'accueil.

Une chute de la fréquentation, qui ne l'étonne guère. "Ne serait-ce que quand il y avait eu les attentats de Paris, on avait eu beaucoup d'annulation de la clientèle étrangère alors que ce n'était pas arrivé chez nous à Nice", note-t-elle aussi.

"On va être obligé de prendre des décisions"

Denis Rougerie, qui tient une brasserie sur le cours Saleya dans le vieux-Nice ne cache pas son inquiétude: "Le week-end du 14 juillet, on devrait faire des chiffres à 6.000 euros, là on fait 3.000. On s'est donné 10 jours pour voir ce qu'il va se passer. Mais si ça continue comme ça on va être obligés de prendre des décisions".

Il envisage le pire: "On a 12 personnes qui travaillent. Si on fait 40% de moins, on ne peut pas garder le même personnel, ce n'est pas possible. Si on ne prend pas ces décisions là c'est l'établissement qui va fermer. C'est dur, il n'y a pas le choix, on ne peut pas avoir du personnel pour faire 250 couverts et en faire que 120".

Une période inévitable pour Rudy Salle, adjoint au maire de Nice en charge du tourisme: "Lorsque vous voyez un événement tel que celui-ci ça ne vous engage évidemment pas à venir parce qu'il y a un côté émotionnel très fort. Toutes les villes qui ont subi des attentats ont eu pendant une période déterminée une baisse d'activité touristique mais toutes ces villes ont relevé la tête et c'est bien notre intention".