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Tourisme en Tunisie: "cette année, je n'irai pas"

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Malgré les prix cassés, les touristes français boudent la Tunisie. Après l'attentat du Bardo en mars dernier, la fréquentation des vacanciers de l'hexagone a baissé de 40% par rapport à l'an dernier.

Les plages de Djerba ou de Monastir ne font plus recette. La fréquentation des vacanciers français a baissé de 40% au mois de juillet par rapport à 2014. La baisse est encore plus grande pour l'ensemble des touristes d’origine européenne : - 70% sur les 7 premiers mois de 2015.

Tous les étés, Nicole part en vacances en Tunisie cette année, elle a changé ses plans: "Je n'irai pas, après tout ce qu'on entend je ne sais pas. Je suis grand-mère, je veux voir mes petits-enfants grandir. Ce n'est peut-être pas gentil, ça se passe peut-être très bien mais je n'irai pas".

Secteur de 400.000 emplois

En mars dernier l'attentat du musée du Bardo faisait 19 morts à Tunis. Puis le 26 juin, 38 personnes étaient tuées dans l'attaque de la plage de Sousse. La perte des touristes est un coup très dur porté à l'économie tunisienne. Le secteur représente 400.000 emplois et environ 7% du PIB.

Alors pour attirer les touristes, les voyagistes cassent les prix: "Les hôteliers ont fait de très gros efforts de prix pour attirer des clients complémentaires, c'est la seule stratégie possible. Aujourd'hui, on peut trouver des séjours d'une semaine au mois d'août en pension complète autour de 500 euros, avion compris. L'an dernier à la même période il fallait compter entre 700 et 800 euros", explique Jean-Pierre Masse, président du syndicat national des agences de voyage. Mais rien n'y fait.

Sur place, un gérant d'une agence de voyage ne peut que la désertion des touristes: "Le problème est psychologique. Mais les peurs ne sont pas justifiées, le risque devient minime, on va travailler sur la communication pour rassurer les gens en vue de l'arrière-saison". La ministre tunisienne du Tourisme chiffre l'impact économique des attentats à 450 millions d'euros minimum.