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Travail le dimanche à Marseille: "Un bilan mitigé"

A Marseille le travail dominical est testé depuis deux ans

A Marseille le travail dominical est testé depuis deux ans - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Le ministre de l’Economie présente ce mercredi son projet de loi en faveur de l’activité et la croissance. L'une des principales mesures de ce texte est la possibilité pour les commerces d'ouvrir jusqu'à 12 dimanches par an, contre 5 actuellement. Un dispositif testé à Marseille, ville-pilote du projet, depuis deux ans. RMC s'est rendue sur place pour tirer un bilan de cette opération.

Emmanuel Macron présente ce mercredi son projet de loi pour la croissance et l’activité en Conseil des ministres avec pour ambition de "déverrouiller l’économie française". Parmi les principales mesures de ce texte, il y a la possibilité pour les commerces d'ouvrir jusqu'à 12 dimanches par an, contre 5 actuellement. Une éventualité qui suscité la controverse autant au sein de la majorité que dans l'opposition. Mais ce dispositif est déjà testé depuis deux ans à Marseille. En effet, dans la cité phocéenne, les commerçants du centre-ville ont la possibilité d’ouvrir tous les dimanches dans le cadre d’une zone touristique qui rentre dans la loi Maillé (sur l'extension du travail dominical, adoptée en 2009, ndlr).

"On perd de l'argent"

Les salariés sont payés entre 15 et 30% de plus à la suite d’un accord conclu avec les syndicats locaux. Mais la mayonnaise a du mal à prendre comme a pu le constater sur place RMC. Ainsi, sur les 3 500 commerces concernés, seuls 350 (10%) ont adhéré au projet les premiers mois. Désormais, ils ne sont plus que 250. Vincent tient un magasin de jouet, proche du Vieux-Port, et fait partie de cette centaine de commerçants qui ferment désormais le dimanche après avoir ouvert pendant 18 mois : "On a ouvert à maintes reprises jusqu'à début septembre et les meilleurs dimanches on gagnait aux alentours de 200 euros".

Dans Bourdin Direct, il se désole : "Une fois que vous avez payé la salariée, la clim, l'éclairage… Il ne reste pas grand-chose, voire moins. Donc on perd de l'argent". David, pour sa part, tient un magasin de souvenirs. Ce qu’il regarde avant d’ouvrir le dimanche, comme il l'explique sur RMC, c’est l’arrivée de bateaux de touristes : "On a un calendrier qui détaille les arrivées de bateaux et quand on voit que c'est rentable d'ouvrir, on le fait. Mais en temps normal cela ne l'est pas". Et de détailler : "Pendant quatre-cinq mois, on va être ouvert tous les dimanches. Mais cet hiver, on va être tout le temps fermé. Avec le froid qu'il fait, je préfère rester à la maison".

"Un travail de longue haleine"

Lucile, elle, tient un magasin de chaussure dans le centre-ville. Elle défend becs et ongles la possibilité d'ouvrir sa boutique le dimanche. "Il n'y a pas de question à se poser car c'est une attente du client, estime-t-elle. Les gens ont plus de temps, généralement en famille donc l'achat est plus plaisir, plus apaisé qui se fait dans le cadre d'un parcours. On fait des boutiques, on va au restaurant, on se promène…"

Laurent Van Damne, vice-président de la fédération de commerçants Marseille-Centre, dresse sur RMC le bilan de ces ouvertures dominicales. "Il est assez mitigé puisque des commerçant renoncent à être ouvert le dimanche car le chiffre d'affaires n'est pas là. En effet, le fait de faire venir des employés et de les payer un peu plus cher, ce n'est pas rentable à ce jour". L'une des raisons selon lui? Le manque de clients. "Quand on traverse Marseille le dimanche, on voit des parkings fermés, une grande partie des rues fermées et il n'y a pas beaucoup de bus. Or pour que ça marche, il faut que tout vive. C'est donc un travail de longue haleine à mener".

Maxime Ricard avec Lionel Dian