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Trêve hivernale: "Je suis pour sa suppression, on est trop indulgents avec les locataires"

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La trêve hivernale débute ce mardi. A partir de cette date, toute expulsion locative sera impossible. Mais pour Jean Perrin, président de l'Union nationale des propriétaires, cette trêve n'est pas du tout une bonne mesure.

"Je suis pour la suppression totale de la trêve hivernale. Si on expulsait les gens tout au long de l'année, ces personnes pourraient chercher des logements en janvier, février quand le marché est un peu plus cool. Là, les gens sont à reloger au mois de juillet quand tout le monde cherche des logements. Donc c'est beaucoup plus difficile car quand quelqu'un cherche un logement après expulsion, il trouve un peu moins facilement que le fils du ministre.

A vouloir surprotéger les gens, on les met dans une situation plus difficile. La suppression de cette période faciliterait les relations locatives, la vie des propriétaires et donc aussi le choix des locataires. Comme ils savent qu'il y a cette période pendant laquelle ils ne peuvent pas expulser, ils sont plus exigeants sur les conditions de location. On voit qu'avec des bonnes intentions, on finit un système.

On est trop indulgents avec les locataires. Et plus on est indulgents et plus les gens en profitent! Ca décourage les propriétaires.

Au Canada, dès que quelqu'un a deux mois d'impayés, la demande d'expulsion se fait par Internet. Ils n'ont même pas besoin de faire toute une procédure. Ils sont assez sérieux, ils savent qu'ils devront partir. Ils savent que l'on s'en fiche s'il fait -20 degrés ou qu'il y a de la neige.

"Il faut que le parc public joue son rôle"

Mais il y a aussi un ensemble de mesures à prendre en plus de la fin de la trêve hivernale. Il faut que le parc public joue son rôle. Qu'il arrête de loger des personnes qui ont des gros revenus. Il faut aussi construire davantage. Enfin, il faut transformer les bureaux en habitats.

Beaucoup de propriétaires sont des commerçants, des artisans, des agriculteurs ou des retraités qui louent leur bien en complément et on leur coupe ce revenu d'un coup. Alors ce sont eux qui ont les problèmes après.

Les gens ne veulent plus être propriétaires. S'ils n'achètent pas c'est qu'ils ont des raisons. Les difficultés des relations locatives et la trêve hivernale, ça décourage beaucoup!"

Propos recueillis par Paulina Benavente