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Tsunami, 10 ans après: "J'ai compris tout de suite qu'ils avaient été emportés"

Le 26 décembre 2004, un terrible tsunami ravageait les cotes de l'Asie du sud-est

Le 26 décembre 2004, un terrible tsunami ravageait les cotes de l'Asie du sud-est - AFP

Le 26 décembre 2004, au lendemain de Noël, un tsunami balayait les côtes de l'Indonésie, du Sri Lanka, du sud de l'Inde et de l'ouest de la Thaïlande. Environ 220 000 personnes décédaient au cours de ce qui reste l'une des pires catastrophes naturelles jamais enregistrées. Ce vendredi, RMC a rencontré Franck Dargent qui ce jour-là a perdu ses beaux-parents, sa femme et deux de ses trois enfants.

C'était il y a dix ans. Le 26 décembre 2004, la terre tremblait dans l'Océan Indien. Une vague géante ravage l'Indonésie. Un véritable mur d'eau d'une dizaine de mètres s'abat sur le pays ainsi que sur la Birmanie l'Inde et le Sri Lanka. En tout 14 pays sont touchés pour ce qui reste le tsunami le plus meurtrier jamais enregistré : plus de 220 000 personnes sont mortes au cours de cette terrible catastrophe naturelle. Parmi elles, 96 Français et autant de familles dévastées.

"J'ai pu le rattraper et le sortir de l'eau"

C'est le cas pour Franck Dargent, rencontré par RMC. A l'époque en vacances à Khao Lak, en Thaïlande, il a perdu ses beaux-parents, sa femme et deux de ses trois enfants. "Je m'étais absenté quelques minutes pour aller chercher une cassette vidéo pour enregistrer mes enfants en train de jouer dans la piscine. Le tsunami est arrivé à ce moment-là", se souvient-il. Et de détailler avec précision: "Mes premières perceptions du tsunami ont été sonores jusqu'à ce que je vois ce mur d'eau, ce torrent de boue et de débris avancé. J'ai compris tout de suite qu'ils (les membres de sa famille, ndlr) avaient été emportés…"

Pourtant, au milieu de ce déluge, Franck Dargent "aperçoit une petite tête d'enfant sortir de l'eau. Je n'ai pas tout de suite compris que c'était mon fils mais je me suis dit qu'il y avait un petit pour lequel je pouvais faire quelque chose… J'ai pu le rattraper et le sortir de l'eau". Franck et son fils aîné Raphaël, 10 ans à l’époque, sont donc les seuls survivants. Ce jeudi, ils ont fêté leur dixième Noël tous les deux.

"Je suis parti sans avoir pu dire au revoir"

"Je me fais un devoir d’essayer de retrouver une certaine magie de Noël", explique dans Bourdin Direct ce "père courage". "Maintenant, j'ai toujours beaucoup de tristesse par rapport à la façon dont cela s'est passé : je suis parti sans avoir pu leur dire au revoir", assure-t-il. Chez lui, la présence de ces proches disparus est omniprésente : "J'ai des photos d'eux dans la cage d'escalier et quand je monte me coucher je passe leur dire bonsoir et je les vois".

Depuis le drame, Franck est retourné deux fois à Khao Lak. Il y a créé une fondation pour venir en aide aux pays sinistrés. Mais surtout, il n'a jamais cessé de s'occuper de son fils rescapé : "Je suis heureux d'être en vie pour ce que j'ai pu faire pour Raphaël. Je devais être là pour le récupérer et faire en sorte qu'il puisse vivre du mieux possible".

Ce vendredi, Franck ira au cimetière avec son fils, comme tous les 26 décembre depuis 10 ans.

Maxime Ricard avec Amélie Rosique