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Un boulanger poursuivi pour être ouvert 7 jours sur 7: "Je ne demande rien d'autre que de travailler"

L’artisan est contraint de fermer boutique un jour par semaine, afin de respecter un arrêté préfectoral.

À Saint-Paul-les-Dax, dans les Landes, la baguette de Stéphane Cazenave a été élue la meilleure de France en 2014. Mais les amateurs de bonne miche risquent de devoir se passer de leur pain tous les lundis.

L'artisan-boulanger est dans le viseur de la justice. Son délit : être ouvert sept jours sur sept. L'inspection du travail l'a contrôlé deux fois et Stéphane Cazenave va passer au tribunal. Il décidera si oui ou non le boulanger doit fermer sa boutique un jour par semaine.

"J’ai reçu la visite de l’inspection du travail me demandant mon jour de fermeture", a expliqué l'artisan au micro de RMC. "Je risque une amende par salarié et par jour de non fermeture."

L'inspection du travail s'appuie sur un arrêté préfectoral datant de 1999 qui dit que la vente de pain doit s'interrompre au moins 24 heures par semaine. 22 salariés travaillent avec Stéphane Cazenave et ils ont tous deux jours de repos hebdomadaire, comme le demande la loi.

"Je vais devoir licencier..."

"Si c'était une histoire de social, je comprendrais", souligne-t-il. "J’emploie 22 personnes, ils ont tous leurs deux jours de repos et leurs heures payées. J’ai pas mal de crédits sur le dos. Si cela se confirme, je vais devoir licencier. Les artisans commerçants sont ceux qui ramènent de la richesse à la France. Je ne demande rien d’autre que de travailler ". 

Un collectif de 7 boulangers a été créé à Dax et Saint-Paul-Les-Dax pour réclamer une table ronde avec la préfecture. Ils réclament la suppression de l'arrêté préfectoral et craignent de subir le même sort que leur collègue. Stéphane Moreau est le président de ce collectif et pour lui, la fermeture de la boulangerie le lundi aura des conséquences.

"Il va devoir licencier du monde", estime-t-il. "On nous demande de réduire notre chiffre d’affaire de 15%. Quelle entreprise peut survivre en perdant 15% de son chiffre d’affaire? On va créer du chômage et mettre nos entreprises en difficulté. On a des centre-ville qui se meurent, on essaye de le redynamiser. Et on nous demande de fermer nos boutiques."

E.B.