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Une Française à la tête d'Amnesty international: qui est Agnès Callamard?

Cette Française vient d'être nommée à la tête d'Amnesty international.

Une Française qui vient d'être nommée à la tête d'Amnesty international, la plus célèbre des organisations de défenses des droits de l’homme. Et la vénérable institution basée à Londres a salué la nomination à sa tête d’une “voix courageuse”. Le mot est faible, on aurait plutôt envie de dire une sacrée bonne femme, incroyablement courageuse.

Agnès Callamard, a grandi dans la Drôme et on l’emmenait une fois par an sur la tombe de son grand père, résistant fusillé par les allemands dans le maquis de l'Oisan. Elle ne l’a pas connu, mais ce modèle lui a appris, dit-elle, à ne pas capituler face à la force brute.

Agnès Callamard a fait des études à science-po Grenoble puis à Washington, New-York et au Canada. Elle a ensuite travaillé pour l’ONU avec des missions dans les coins les plus pourris du monde. Rwanda, Afghanistan, Sierra Leone, Cambodge, Liberia, Malawi… Les pays des génocides, des guerres civiles et de la plus grande pauvreté. Elle parle de “l'abjecte pauvreté”.

Elle dénonce des assassinats ciblé par les Américains

Ces dernières années, elle occupait un poste bénévole de rapporteuse de l’ONU pour les exécutions extra-judiciaires, c'est-à-dire les crimes d'État. Elle a dénoncé le président des Philippines qui encourage sa police à assassiner les dealers. Et ce président en parlant d’elle a dit : “Je vais la gifler parce qu’elle m’a niqué”.

Elle a aussi dénoncé les assassinats ciblés commis par les Américains à l’aide de Drones. Ce qui a rendu les Américains furieux. Elle dénonce le trop grand nombre d'exécutions par pendaison en Iran ce qui fâche les Iraniens. Mais elle est surtout celle qui a lancé toute seule une enquête sur l’assassinat de Jamal Khashoggi. Un journaliste saoudien coupé en morceaux par les hommes de main du prince héritier. Enquête qui lui a valu des menaces de mort. Un haut responsable saoudien a dit à l’ONU: “Je connais des gens qui vont s’occuper d’elle".

Voilà donc le profil de celle qui va être maintenant une des voix des droits de l’homme dans le monde. Ses proches la décrivent comme grande gueule et drôle. Et cash. 

Dans un entretien au Monde, elle parlait de Jean-Yves le Drian le ministre des Affaires étrangère comme de, quelqu’un qui n’a jamais défendu les droits de l’homme. Ou bien elle trouvait scandaleux que Gerald Darmanin puisse être ministre de l’Intérieur en étant visé par une plainte pour viol. Ce n’est pas très diplomate, ce n’est pas comme ça qu’on se fait des amis, mais visiblement, ce n’est pas son souci. 

Nicolas Poincaré