RMC

Universités vétustes et surchargées: "Les conditions d'étude sont déplorables"

-

- - PASCAL PAVANI / AFP

Cette année, les inscriptions dans les universités en France ont encore augmenté. On dénombre 65.000 étudiants de plus que l'an dernier, soit l'équivalent de trois universités. Une situation surtout critique dans la section Staps où, parfois, comme à Toulouse, les établissements sont obligés de tirer au sort les élèves.

Cette année, dans de nombreuses universités de France, il faut se lever tôt pour réussir à obtenir une place assise. Les amphithéâtres sont en effet surchargés en raison du nombre croissant d'étudiants inscrits à la fac: 2,5 millions pour cette rentrée, soit 65.000 de plus que l'an dernier, l'équivalent de trois universités !

Une situation particulièrement critique dans la section Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), où certains établissements sont obligés d’effectuer des tirages au sort pour sélectionner les élèves. C'est le cas dans une université toulousaine où s'est rendue RMC. "Les amphis surchargés, c'est une réalité. Nous attendons donc une réelle politique d'investissements dans l'enseignement supérieur pour que les universités puissent accueillir tous les étudiants et ce dès cette année", revendique, Adrien Liénard, porte-parole de l'Unef Midi-Pyrénées.

"C'est pourri"

Outre des établissements surchargés (parfois plus de 250 étudiants pour un espace prévu de 150 personnes), les étudiants doivent aussi composer avec des bâtiments vétustes. "Il y a des dégradations au niveau des tables, des murs, de la toiture… Les murs sont tagués, il y a plein d'insultes. C'est pourri, il y a plein de moisissures…", témoigne Hannibal, étudiant en Staps à l'université Paul Sabatier de Toulouse. Pire en plein hiver, les travaux dirigés ont lieu dans des constructions modulaires: "Il n'y a jamais de chauffage. Il fait toujours trop chaud l'été et trop froid l'hiver. Les conditions d'étude dans ces amphis sont déplorables", ajoute Adrien Liénard.

La piste d’athlétisme est également vieillissante et dégradée ce qui a des conséquences pour les étudiants. C'est pourquoi les étudiants en Staps ont manifesté la semaine dernière pour dire leur ras-le-bol. "Ça fait des années que l'on travaille comme cela mais c'est du bricolage, s'insurge Yoann, l'un des manifestants. Cela devient déraisonnable et c'est dramatique de la part de l'enseignement supérieur qui tolère ce genre de choses en n'agissant pas". S'ils ne sont pas entendus, les étudiants envisagent de durcir leur mouvement dans les prochaines semaines.

M.R avec Jean-Wilfrid Forquès