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Valls et l'islam: "Il nous demande d'être discrets quand il le veut, et de réagir quand il en a besoin!"

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Ce mercredi, Manuel Valls a appelé les musulmans à la discrétion. Une déclaration qui ne passe pas très bien auprès des musulmans rencontrés par RMC.

"Il faut que l’islam, comme les autres religions l’ont fait, accepte la discrétion dans la manifestation des convictions religieuses ". Ce sont les propos de Manuel Valls tenu ce mercredi dans le quotidien La Provence. Le Premier ministre a aussi annoncé "comprendre" et "soutenir" les maires ayant pris des arrêtés pour interdire le port du burkini, "pas compatible avec les valeurs de la France et de la République".

Le 31 juillet dernier, Manuel Valls s'est déjà adressé à la communauté musulmane dans une tribune du Journal du Dimanche, tribune dans laquelle il a affirmé que les musulmans avaient un rôle à jouer "face à la montée du jihadisme".

"Ses propos sont déplacés"

Mais cet appel à la discrétion passe mal auprès des fidèles de la Grande mosquée de Créteil: "C'est fatigant. Ses propos sont déplacés", estime Christophe qui s'est converti à l'islam il y a cinq ans. Il se sent directement visé: "Il nous demande d'être discret quand il le veut et il nous demande de réagir quand il se passe des choses et qu'il en a besoin. Ce n'est pas à un politique de donner des ordres à une communauté religieuse!"

A côté de lui, Tutti n'en peux plus d'être montré du doigt: "On le sait qu'on est stigmatisé. On vit avec. On ne va pas se sentir comme des victimes, mais ça arrive souvent malheureusement".

"Ca commence à énerver tout le monde!"

Pour Ahmet Ogra, le vice président du conseil français du Culte Musulman, le message du Premier ministre est clair : "Ca veut dire 'partez d'ici, on n'a pas besoin de vous". On en a marre du matin au soir de parler de l'islam avec un certain esprit colonialiste, ça commence à énerver tout le monde!"

Une communauté musulmane lassée , selon lui, de toutes les polémiques qui se sont enchaînées tout au long de l'été.

Plusieurs villes côtières de France, de Corse jusqu'au Pas-de-Calais, ont pris des arrêtés pour interdire le burkini: Cannes, Mandelieu-La Napoule, Villeneuve-Loubet, Cap-d'Ail, dans les Alpes-Maritimes, Le Touquet, dans le Pas-de Calais, administrées par des maires de droite. A Sisco, en Haute-Corse, le maire PS a fait de même, et un autre maire socialiste, à Oye-Plage dans le Pas-de-Calais, a annoncé vouloir suivre le mouvement.