RMC

Victime d'inceste: "Ça a commencé quand j'avais 4-5 ans"

Sur RMC, une victime d'inceste témoigne

Sur RMC, une victime d'inceste témoigne - NICOLAS TUCAT / AFP

Alors qu'un amendement de députés PS et UMP introduisant le mot "inceste" dans le code pénal a été voté dans la nuit de mardi à mercredi, une victime témoigne sur RMC.

Le mot ‘’inceste’’ rentre dans le code pénal. Un amendement de députés PS et UMP a été voté en ce sens dans la nuit de mardi à mercredi dans le cadre d'une proposition de loi sur "la protection de l'enfant". A noter que si jusqu'à présent, l’inceste était qualifié de "viol sur mineur par ascendant", cette introduction dans le code pénal n'aura aucun impact juridique: les peines resteront toujours les mêmes, soit 20 ans de prison maximum.

"On ne peut plus vivre avec"

Mais cet amendement est une victoire symbolique pour les associations de lutte contre l'inceste mais surtout pour les victimes. L'une d'elles (2 millions de personnes sont victimes d’inceste en France selon les derniers chiffres de 2009, ndlr), Flavie, 27 ans, étudiante dans le Gard, a accepté de témoigner ce jeudi matin sur RMC. Pendant près de trois ans, cette jeune femme a été abusée par son beau-père.

"Ça a commencé quand j'avais 4-5 ans mais j'en ai parlé pour la première fois à ma mère, à 25 ans. Car après 20 ans de secret, au bout d'un moment, on ne peut plus vivre avec, on ne plus garder ça. On est obligé de le sortir. Alors j'ai pris mon téléphone et j'ai appelé ma mère", raconte-t-elle. Sa réaction? "Elle n'a pas été plus choquée que cela. Elle m'a demandé si j'allais bien, si je comptais porter plainte… Moi je n'y voyais pas l'intérêt sur le coup et quand j'y repense sa réaction n'est pas celle que j'espérais".

"Il faut en parler"

"Je lui ai dit que j'allais prévenir mes tantes, que j'allais leur écrire une lettre, elle m'a dit 'OK' mais elle a ajouté qu'elle ne voulait plus en parler parce que, selon elle, je retournais tout à ma sauce. Elle m'a raccrochée au nez, ajoute, en sanglots, Flavie. Depuis, elle ne veut pas parler de ça avec moi et je ne sais pas pourquoi". Après s'être livrée à sa mère, la jeune femme a commencé à se renseigner sur l'inceste. Elle s'est notamment tournée vers une association.

"C'était bien parce qu'on pouvait parler de notre vie, notre expérience et pas forcément de l'inceste. Cela m'a un peu aidé, notamment de voir que je n'étais pas la seule", assure-t-elle dans Bourdin Direct. Aujourd'hui comment se sent-elle? "Le fait d'en avoir parlé m'a quelque peu apaisé. C'est pour ça que je dis aux personnes à qui cela est arrivé d'en parler, de témoigner. Car même si cela ne guérit pas du jour au lendemain, cela fait quand même du bien".