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Violences à Marseille: "J'ai mis un couvre-feu à mes enfants, je leur interdis de sortir"

Nouveau règlement de compte à Marseille

Nouveau règlement de compte à Marseille - AFP

TEMOIGNAGE - Samedi soir, le quartier de Bassens, à Marseille, a été le théâtre de la fusillade la plus meurtrière depuis le début de l'année dans la ville. Trois hommes de 21, 29 et 30 ans ont été abattus alors qu’ils se trouvaient dans une épicerie-snack de la cité du 15ème arrondissement. Ce qui fait dire à Yacine que sa cité est "une véritable école du crime".

Les habitants de la cité Bassens à Marseille bouleversés par les règlements de compte. Samedi soir, leur quartier a été le théâtre de la fusillade la plus meurtrière depuis le début de l'année à Marseille. Trois hommes de 21, 29 et 30 ans ont été abattus alors qu’ils se trouvaient dans une épicerie-snack de la cité du 15ème arrondissement. Ce nouveau règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants met les habitants du quartier en colère.

"Des gens s'entraînent à tirer"

"La police manque d'efficacité, déplore Yacine, un habitant de Bassens. Il y a beaucoup d'armes et beaucoup de drogue qui rentrent dans les cités. C'est ça qui amène les meurtres. C'est grave". Et d'ajouter: "Dans la cité, c'est vrai que des gens s'entraînent à tirer. Ils apprennent aussi à retenir toutes les plaques d'immatriculation de la police, à reconnaître tous les visages de la police. C'est une vraie formation: les plus anciens forment les plus jeunes."

"Ils les emmènent dans les caves. Ils apprennent à utiliser une arme, pas forcément une Kalach. Cela peut être des armes automatiques, des fusils à pompe... C'est devenu une école du crime", estime encore Yacine. Le jeune homme critique aussi les opérations dites "globales" menées par la préfecture de police depuis plus de trois ans maintenant, et qui consistent à implanter pendant plusieurs semaines des CRS aux entrées et sorties des cités pour enrayer le trafic de drogue.

"Cela n'empêche pas les trafics"

"Monsieur le préfet nous met des camions de CRS sans que cela aboutisse à quelque chose. Cela fait partir un peu les clients mais ils reviennent quand même", assure-t-il tout en soulignant, très remonté: "Même quand ils sont là, il y a toujours eu des morts. Cela n'aboutit à rien, cela n'empêche pas du tout les trafics. Bien au contraire... La drogue rentre tout le temps, l'argent sort tout le temps. Ils ne peuvent rien faire".

Il estime aussi que "la violence augmente de plus en plus. On a peur. Je n'arrive plus à traîner le soir, ne décolère-t-il pas. J'ai quatre enfants, ça me fait peur pour eux... J'ai mis un couvre-feu. Je leur interdis de sortir. Et parfois, à cause de ça, je me mets en arrêt-maladie pour les surveiller".

Maxime Ricard avec Lionel Dian