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Violences conjugales: "Je n'ai plus de peurs et ça, ça n'a pas de prix"

Le 3919, numéro spécialisé pour l'écoute des femmes battues, a reçu près de 24.000 appels en 2013. Un nombre en augmentation sur les 10 derniers mois de 2014.

Le 3919, numéro spécialisé pour l'écoute des femmes battues, a reçu près de 24.000 appels en 2013. Un nombre en augmentation sur les 10 derniers mois de 2014. - JACQUES DEMARTHON / AFP

En France, une femme décède tous les trois jours sous les coups de son compagnon et chaque année, plus de 216 000 femmes sont victimes de violences commises par leur partenaire. En ce jour de journée internationale de la lutte contre la violence faite aux femmes, RMC a recueilli le témoignage de l'une d'entre elles.

Chaque année, plus de 216 000 femmes sont victimes de violences commises par leur partenaire, selon des chiffres du gouvernement. Parmi ces victimes, seules 16% déposent plainte. De plus, alors que se tient ce mardi la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, le réseau Solidarité femmes dresse un constat inquiétant sur l'année passée, et met l'accent sur le sort des enfants. En effet, selon cette association, 33 enfants ont été tués en 2013, pris au milieu de violences conjugales. Ce mardi, RMC a recueilli le témoignage de Katidja, 40 ans, qui a eu le courage de quitter son mari grâce à ses deux enfants.

"En plus de coups sur la tête ou d'un couteau sous la gorge, ce sont aussi des coups qui ne se voient pas" explique-t-elle. En 2011, après dix ans de violences conjugales, cette mère de deux enfants décide de quitter son mari. "J'ai vu mes enfants pleurer et crier… Un jour, je les ai déposés à l'école et je suis partie au commissariat déposer une main courante… Je ne suis plus jamais revenue".

"Ça vaut le coup de partir"

Mais trois ans plus tard, la violence est toujours là, sous une autre forme. "Il utilise toutes les lois pour retarder le divorce et se sert des enfants pour maintenir cette violence." Pour autant, Katidjia assure ne rien regretter : "Ça vaut le coup de partir. Je n'ai plus de peurs et ça, ça n'a pas de prix".

A noter que dans une interview au Parisien ce mardi, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve annonce que désormais "les femmes victimes de violences conjugales pourront plus facilement porter plainte contre leurs agresseurs". Le ministre dit en effet vouloir "systématiser le dépôt de plainte par les victimes" et ainsi "éviter l'impunité des auteurs". Et, ajoute-t-il, "même en l'absence de plainte", d'"organiser le suivi systématique et immédiat de chacune de ces femmes", qui seront prises en charge par les intervenants sociaux et associations.

M.R. avec Pauline Baduel