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Violences policières à Pantin: "Les coups de poings se déchaînaient sur le visage de mon enfant"

Altercation entre jeunes et policiers à Pantin

Altercation entre jeunes et policiers à Pantin - capture YouTube

TEMOIGNAGES – Zohra, une mère de famille qui avait tenté de s'opposer à l'interpellation de ses deux fils par des policiers après un contrôle de routine samedi à Pantin a porté plainte lundi auprès de l'inspection générale de la police nationale (IGPN). Ce mardi, sur RMC, elle dit ne pas comprendre comment la situation a pu dégénérer à ce point.

Une femme qui avait tenté de s'opposer à l'interpellation de son fils par des policiers après un contrôle de routine samedi à Pantin a porté plainte lundi auprès de l'inspection générale de la police nationale (IGPN), a annoncé lundi soir le parquet de Bobigny. Cette mère de famille estime avoir été molestée par les policiers, et dit s'être vue prescrire dix jours d'ITT par un médecin.

Usage de gaz lacrymogènes

Samedi après-midi, rue Auger à Pantin, les policiers procèdent à un contrôle "d'une quinzaine d'individus" qui se trouvent en présence "d'un chien dangereux non tenu en laisse et non muselé", détaille le parquet. Les individus font alors l'objet d'un contrôle d'identité, en particulier le propriétaire de l'animal, qui n'est pas en mesure de fournir les documents relatifs à la détention de ce type de chien.

Tandis qu'ils repartent, les policiers sont cependant la cible d'un jet de "pierre". Ils reviennent pour arrêter "l'auteur de ce jet de projectile qui a résisté fortement à son interpellation et a encouragé les personnes présentes à le soutenir", ajoute le parquet. Les policiers ont alors fait usage notamment de gaz lacrymogènes pour disperser les fauteurs de trouble, parmi lesquels la mère et le frère de l'une des personnes interpellées.

"Il m'a dit de fermer ma gueule"

Interrogée par RMC ce mardi, Zohra, la mère de famille, est encore sous le choc. Alors que ses deux fils de 15 et 18 ans doivent passer en comparution immédiate ce matin, elle donne sa version des faits. "Bilal mon fils aîné est descendu prendre l'air et cinq minutes après, j'ouvre la fenêtre et on m'annonce qu'il est embarqué. Je sors donc en courant, pieds nus. J'ai demandé explicitement au policier pour quels motifs. Et là, il m'a demandé de fermer ma gueule", assure-t-elle.

"Ils m'ont agrippée, ils ont commencé à m'asticoter", poursuit-elle. C'est alors que son plus jeune fils, Wissem, descend et tente d'aider sa mère. "Je me suis mise devant lui pour le protéger et c'est parti dans tous les sens, s'emporte Zohra. Ça tapait des coups de poings, on m'a attrapée, je suis tombée. On m'a gazée… Je voyais les poings se déchaîner sur le visage de mon enfant. Il n'y a rien eu à faire".

"Les fonctionnaires ont fait leur travail"

Les policiers contestent cette version des faits. Pour Erwann Guermeur, délégué du syndicat SGP-FO pour la Seine-Saint-Denis, "les fonctionnaires ont été insultés, ont été pris à partie. Tout le monde a voulu se mêler à l'histoire dont cette mère de famille qui s'est mise entre les fonctionnaires de police et l'individu qu'ils tentent d'interpeller. Elle n'était donc pas à l'abri de prendre un coup".

Et de l'assurer: "Les fonctionnaires ont fait leur travail". D'après lui les policiers auraient pu interpeller Zahra ce jour-là mais ils ne l'ont pas fait, pour ne pas envenimer une situation déjà très tendue dans le quartier.

Maxime Ricard avec Violette Voldoire