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Virus Ebola: "L'épidémie pourrait redémarrer"

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DROIT DE SUITE - Chaque matin retour sur un sujet, un personnage, un lieu qui a marqué l'actualité de ces derniers mois. Aujourd'hui, que sont devenus les acteurs? Les promesses ont-elles été tenues? Y-a-t-il eu des changements sur le terrain? Aujourd'hui retour sur l'épidémie Ebola, déclarée "urgence de santé publique" il y a un an.

Où en est l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'ouest ? L'an dernier en août 2014, l'OMS déclarait le virus Ebola une "urgence de santé publique de portée mondiale" et le monde découvrait l'existence d'un virus mortel et fulgurant.

En plein milieu de l'été, la fièvre hémorragique mortelle frappait de plein fouet l'Afrique de l'ouest, après avoir décimé 1.000 personnes en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia. Pourtant, ce virus était connu des professionnels de santé. C'était même l'un des virus les plus surveillés de la planète.

L'épidémie a démarré fin 2013 du sud de la Guinée, et a touché la Sierra Leone, le Libéria, puis le Nigeria, le Sénégal (jusqu'en octobre 2014), et enfin le Mali (dernier cas janvier 2015). Des cas ont été recensés jusqu'aux États-Unis, en Espagne, au Royaume-Uni et en Italie.

"L'épidémie pourrait redémarrer"

En août dernier au plus fort de l'épidémie, on comptait 400 nouveaux cas chaque semaine. Aujourd'hui le virus a perdu du terrain: "A la pire période il y avait plusieurs centaines de nouveaux cas par semaine, là il y en a entre 2 et 7 donc on est un peu en fin d'épidémie. Mais elle pourrait redémarrer à partir de ces petits foyers. Le travail n'est donc pas totalement terminé sur le plan de la mise sous contrôle épidémique", explique Jean-Hervé Bradol, directeur d'étude à Médecins sans frontière, invité ce lundi matin sur RMC.

Car la fièvre Ebola reste mortelle dans 40% des cas. Elle a fait plus de 11.000 victimes depuis son apparition en décembre 2013 en Guinée. Le seul espoir d'éradiquer l'épidémie c'est de mettre au point un vaccin anti Ebola. Et il y a des pistes: "Une première piste très encourageante: mais ce n'est pas avec un seul essai, avec une méthodologie fragile que l'on boucle un dossier scientifique, c'est excessif. Mais on tient une très bonne piste, c'est un outil qui peut changer la donne parce qu'il est beaucoup plus léger à mettre en œuvre, on peut intervenir rapidement, c'est un gros changement", précise Jean-Hervé Bradol.

Les survivants mis à l'écart

En attendant, d'autres traitements sont testés pour soigner les malades. Il y a le Zedmapp constitué d'anticorps fabriqués par des souris exposées au virus et plus récemment le sérum de convalescence.

Avec le recul, les médecins savent désormais que lorsque le virus a totalement disparu du sang, certains symptômes persistent: fatigue excessive, troubles de la vision, douleurs articulaires. Sans parler des séquelles psychologiques. Elizabeth Poulet de Médecins sans frontière, évoque le rejet dont les survivants sont victimes: "Il a fallu aider les patients survivants à réintégrer leur communauté parce qu'ils n'étaient pas perçus comme les bienvenus. Toujours avec cette crainte mais est-ce qu'il est vraiment guéri?"

Car un an et demi après le début de l'épidémie, on ne sait pas encore si le virus peut se réactiver chez les 16.000 rescapés d'Ebola.