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Vitres teintées à l'avant interdites: "Une mesure intolérante", dénonce 40 millions d'automobilistes

Le décret interdisant au 1er janvier prochain les vitres teintées à l'avant des véhicules des particuliers est paru ce jeudi. Invité de Jean-Jacques Bourdin ce vendredi, Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes réclament que les automobilistes soient remboursés des frais de dépose de leurs vitres teintées.

On ne va bientôt (presque) plus jamais croiser de voitures aux vitres teintées à l'avant. Les personnes ayant fait surteinter les vitres avant de leur voiture seront sanctionnées à partir du 1er janvier 2017 d'une amende de 135 € et d'un retrait de trois points du permis de conduire. Le décret a été publié ce jeudi. Sont concernés les véhicules dont les vitres avant sont teintées au-delà de 30%, soit la teinte de la quasi-totalité des voitures neuves vendues en France. Entre 5 et 10% des voitures sont impactées par cette interdiction, soit entre 2 et 4 millions d'automobiles.

"Un surteintage excessif des vitres avant représente un réel danger en matière de sécurité routière", explique la Sécurité routière dans un communiqué. Autres arguments: "Le surteintage réduit également la vision du conducteur, en particulier de nuit", et "cette disposition permettra aux forces de l'ordre de mieux contrôler et donc sanctionner l'usage du téléphone au volant, le port de l'oreillette en conduisant et le défaut de port de la ceinture de sécurité".

Dangereuses les vitres teintées ?

Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes dénonce une mesure "intolérante". "Si on nous avait dit : 'on va interdire les vitres entièrement teintées où on ne voit pas ce qui se passe dans l'habitacle', j'aurais été à court d'argument pour m'y opposer. Mais à partir du moment où on interdit aussi les vitres qui laissent tout de même aux forces de l'ordre la capacité de voir ce qu'il se passe à l'intérieur du véhicule, je trouve qu'on est dans une mesure qui manque de souplesse et de tolérance".

Quant à un éventuel impact sur la sécurité, Pierre Chasseray déclare : "Je n'ai toujours pas vu d'étude d'accidentologie qui viendrait attester de cela".

"Au moins 150 euros de frais de dépose"

40 millions d'automobilistes réclame que l'État prenne en charge les frais de dépose des films pour les propriétaires des véhicules concernés. "Il y a des tas d'automobilistes qui ont acheté un véhicule d'occasion, parfois même en concessions, avec des vitres déjà teintées à l'avant. Et là on va leur demander de payer pour déposer les films, et il y en a pour au moins 150 euros".

"Je trouve ça assez fou qu'on mette une mesure supplémentaire dans le code de la route et qu'on demande aux automobilistes de se débrouiller pour payer", s'agace Pierre Chasseray.
P. G. avec JJ. Bourdin