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Vol MH370: "Un débris, c’est bien mais un débris, c’est louche"

TEMOIGNAGE – La justice française a affirmé jeudi que le fragment d'aile d'avion trouvé fin juillet à La Réunion provenait "avec certitude" du Boeing 777 de la Malaysia Airlines disparu en mars 2014 avec 239 personnes lors d'un vol entre Kuala Lumpur et Pékin. Pour Ghyslain Wattrelos, qui a perdu sa femme et deux enfants dans la catastrophe, c’est une page qui se tourne.

C’est désormais une "certitude". Le parquet de Paris l’a confirmé, jeudi: le fragment d'aile trouvé fin juillet à La Réunion provient bien du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, le vol MH370, disparu en mars 2014 avec 239 personnes lors d'un vol entre Kuala Lumpur et Pékin. Pour Ghyslain Wattrelos, qui a perdu sa femme et deux de ses enfants dans la catastrophe, c’est une page qui se tourne.

"Depuis hier, tout espoir a disparu", explique-t-il, la voix chargée d’émotion ce vendredi sur RMC. "Jusque-là, on disait toujours: 'Il n’y a pas de preuve de crash'. Donc tant qu’il n’y a toujours pas de preuve de crash, il y a toujours un petit espoir".

"Il y a vraisemblablement eu crash"

Reste désormais à rechercher des indices sur les causes de l'accident. L'avion a-t-il été détruit en vol? S'est-il désintégré en percutant la surface de l'océan? Un autre scénario est-il envisageable?

"L’expert nous dit que ce débris est tordu, donc il y a eu vraisemblablement un crash", poursuit -il. "Cette nouvelle, c’est d’abord une énorme douleur pour toutes les familles".

Plusieurs experts estiment qu'il sera peu probable de dessiner le scénario de la catastrophe uniquement à partir de cette pièce.

"Ce débris est une première réponse", reprend Ghyslain Wattrelos. "Un débris c’est bien mais un débris c’est louche. Un débris en 17 mois, c’est pas normal. On l’a vu dans l’histoire de tous les crashs aériens, lorsqu’il y a des débris, il y a des centaines de débris. Le vol Paris-Rio, il y a eu 300 débris. Il faut trouver les autres débris".

"Il y a une omerta"

Ce Français de 50 ans se bat depuis ce jour de mars, où le vol MH370 a disparu avec sa femme, Laurence, et ses enfants Ambre et Hadrien.

"La Malaisie nous a menti dès la première semaine", insiste-t-il. "Il est évident qu’il y a une omerta et qu’il y a des choses qu’on nous nous cache. Je peux vous dire par exemple qu’il y a un juge français qui se bat pour obtenir des informations et qu’il ne les a pas".

La disparition du Boeing 777 avait entraîné de colossales opérations de recherches - menées par une coalition internationale incluant la Chine, la Malaisie, les États-Unis et coordonnées par l'Australie - et nourri toutes sortes d'hypothèses dans ce qui est l'un des plus grands mystères de l'histoire de l'aviation civile.

"Je me lève tous les jours pour savoir cette vérité", conclut Ghyslain Wattrelos. "Je veux cette vérité pour ma famille, pour mon fils, pour moi. On a besoin de cette vérité".