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Coronavirus: Roselyne Bachelot répond aux critiques et aux moqueries

Roselyne Bachelot, l’ancienne ministre de la Santé de Nicolas Sarkozy, a donné son avis sur la gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus à l’antenne de RMC. Elle est aussi revenue ce lundi sur les propres moqueries dont elle a pu faire l’objet face au virus H1N1.

L’union nationale décrétée par l’ensemble de la classe politique française au début de la crise épidémique s'est fissurée. Et des critiques ciblent désormais le gouvernement d’Edouard Philippe, accusé de ne pas avoir anticipé la catastrophe sanitaire liée au coronavirus, ni suffisamment bien géré la pénurie de masques, qui ont cruellement manqué au personnel soignant.

"Personne n'a les éléments en mains, ils ne pourront être jugés qu’à la fin de l'épidémie", a lancé l’ancienne ministre de la Santé Roselyne Bachelot sur RMC ce lundi. Alors que le Premier ministre doit être auditionné mercredi dans le cadre d’une mission d’information parlementaire de suivi de la crise du Covid-19, Roselyn Bachelot a le sentiment que le gouvernement est "totalement mobilisé, qu’il n’a qu’un but: protéger les Français".

Le maintien des municipales, une faute partagée

Mardi midi, cela fera deux semaines que les Français sont confinés chez eux. Et ce n’est que le début. Car comme l’a rappelé avec gravité Edouard Philippe la semaine passée, "le combat ne fait que commencer". Prolongé jusqu’au 15 avril "au moins", le confinement n’a pas toujours été aussi drastique. Le dimanche 15 mars, les Français sortaient de chez eux pour se rendre aux urnes dans le cadre du premier tour des élections municipales. Un souhait du gouvernement. Et une faute, selon Roselyne Bachelot, dont Emmanuel Macron n’est pas le seul comptable à ses yeux.

"Je dois dire que l’erreur du maintien du premier tour des municipales est une faute partagée par l'ensemble de la classe politique, a-t-elle estimé à notre antenne. Le jeudi qui a précédé l’allocution de Macron, tout le monde disait qu’il allait se comporter comme un dictateur: 'il va reporter les municipales parce qu’elle vont être mauvaises pour lui', pouvait-on entendre. Les chiens étaient lâchés, les représentants de partis entonnaient le même couplet. J’aimerais bien que chacun balaie devant sa porte et que cela empêche les basses manoeuvres politiciennes. Macron a renoncé sous des pressions politiques extrêmement fortes."

Bachelot: "On n'en fait jamais trop face au risque épidémique"

Raillée à l’époque pour sa propre gestion, jugée trop alarmiste, face au virus H1N1, Roselyne Bachelot doit se dire qu’un excès de zèle comme celui dont elle aurait fait preuve en 2010, aurait peut-être sauvé des vies dix ans plus tard. Elle estime en tout cas qu’il faut tirer des leçons du passé. L’ancienne ministre de la Santé de François Fillon et Nicolas Sarkozy milite pour "les mesures de précaution les plus fortes, les plus extrêmes".

"Les injures, les insultes, les moqueries ont peut-être donné le sentiment à la classe politique qu’il y avait plus de risques politiques à en faire trop qu’à n’en faire pas assez, a-t-elle analysé sur RMC. Les moqueries ont peut-être fait baisser la garde à l'ensemble des gouvernements qui m‘ont succédé. Il y a une leçon à tirer, c’est qu’il faut agir du mieux qu'on peut. On n'en fait jamais trop face au risque épidémique."

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