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Expliquez nous: qu'est ce que le mouvement "Extinction rébellion", qui a mis hors de service 3600 trottinettes jeudi en France ?

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Tous les matins à 7h50, Nicolas Poincaré propose sur RMC une chronique pédagogique mais personnelle sur une actualité du jour. Aujourd'hui: le soutien de l'activiste écologiste Extinction Rebellion à cette grève.

Plus de 3.600 trottinettes électriques ont été mises hors service hier par "Extinction rébellion" un groupe d’activistes écologistes. Les trottinettes, considérées comme "briseuses de grève" selon le communiqué du mouvement, offrirait une alternative au transports en commun. Mobile politique donc de la part de ces militants qui expliquent : "Nous ne sommes pas qu’un mouvement sur le climat".

Mais il y a aussi une explication écolo du sabotage des trottinettes. Ce sont, "des catastrophes écologiques", parce qu’elles ont une faible durée de vie, un mauvais taux de recyclage, des batteries au lithium polluantes et qu’elles remplacent surtout des trajets qui seraient fait à pied et ne remplaceraient pas des trajets en voiture. En conséquence de quoi, ces militants ont peint en noir les QR codes sur les trottinettes, ces codes qui permettent de les déverrouiller. 3600 trottinettes se sont retrouvées inutilisables dont 90 à Bordeaux, 1500 à Lyon et 2000 à Paris soit 10% du parc disponible

La place du Châtelet occupée

Il a été créé à Londres il y a un an et demi. Et des antennes ont très vite étés ouvertes dans environ 60 pays. Dans presque toute l’Europe, aux États-Unis, en Australie, au Brésil. Le mouvement prône l’action radicale mais sans violence. Ce qu’il appelle la désobéissance civile. Il n’y a ni chef ni porte-parole. Les groupes sont autonomes et communiquent entre eux sur les réseaux sociaux et sur des forums. Les militants ont des pseudos. Ils se retrouvent pour des cours de communication ou de résistance passive à la police. En France "Extinction rébellion" a à peine plus d’un an. Une des premières actions a été de bloquer le pont Sully à Paris. Les CRS étaient intervenus avec beaucoup de gaz lacrymogène, même le commandant des CRS s'était trouvé mal. Résultat un gros coup de pub pour ce groupe alors inconnu.

Extinction rébellion a ensuite organisé l’occupation d’un grand centre commercial place d’Italie, puis le blocage de la place du Châtelet un très gros carrefour Parisien, sans intervention de la police pendant 5 jours. Et puis la semaine dernière, le mouvement a organisé une trentaine d’actions simultanées dans toute la France contre le Black Friday, symbole du consumérisme. À Lyon, un dépôt d’Amazon a été bloqué, puis libéré par la police a coup de claques. A Grenoble de la peinture noirs a été versé sur le sol devant des magasins. A Bordeaux le magasin Apple a été bloqué, mais là, les militants ont commis une bourde. Ils ont communiqué sur cette action Anti Apple en envoyant des photos prise à l’iPhone. Raté !

Tout cela pouvait paraître anecdotique au départ, mais ça le devient de moins en moins au fur et à mesure que les actions se multiplient. Sur Twitter ils sont suivis par 26.000 personnes. 80.000 sur Facebook. Les différents groupes rassembleraient environ 8.000 militants en France.

Des prises de parole controversées

Les activistes du mouvement pensent que l’on a pas le droit de rester inactifs parce que la situation est trop grave. Ils défendent qu’au rythme actuel du réchauffement climatique, la planète sera inhabitable à la fin du siècle, avec à la clefs des guerres, des famines et des millions de morts. Voir des milliards de morts. Des prévisions beaucoup plus noires que le plus pessimistes des scénario des experts. Ce catastrophisme peut aller jusqu’à défendre des positions très louches.

Un des deux fondateurs d'Extinction Rébellion, l’anglais Roger Hallam, a donné il y a 15 jours une interview à l’hebdomadaire allemand Die Zeit. Interview dans laquelle il défend l’idée que l’Holocauste n’a été qu’une simple connerie de plus dans l’histoire de l’humanité. Sous entendu, la Shoah ne serait pas plus grave que le réchauffement climatique. Quand à l’autre cofondatrice du mouvement, Gail Bradbrook, elle a raconté dans une interview que c’est après avoir consommé des champignons hallucinogènes au Costa Rica qu’elle a compris que sa mission était de sauver la planète. Et qu’il fallait aussi accessoirement qu’elle quitte son mari. 

Il y a dans ce mouvement des allumés anglais, des radicaux ridicules, des saboteurs de trottinettes “briseuses de grève”. Mais il y aussi des dizaines d’universitaires très sérieux qui ont signé un texte de soutien. Et beaucoup de militants sincèrement convaincu qu’il faut faire quelque chose pour le climat

Nicolas Poincaré