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Sponsoring, audiences... Même confiné, le eSport poursuit sa progression dingue

ON N'ARRÊTE PAS LE PROGRES - La finale du championnat du monde de League of Legends, le plus gros événement de l’année dans le domaine de l’esport, se déroulait ce weekend.

Pour se convaincre du niveau de popularité incroyable qu’a atteint l’esport, les compétitions de jeux vidéo, il suffit de voir les images de liesse dans les rues chinoises (c’est une équipe chinoise qui a gagné), qui n’ont rien à envier aux rues de Paris quand on gagné la coupe du monde de foot.

Une foule en délire qui déferle pour célébrer cette victoire au championnat du monde de League of Legends, qui se déroulait en Islande, en mode confiné à cause du Covid. D’habitude ce sont des événements qui remplissent des stades entiers.

Comment ça marche?

Sur scène deux équipes de 5, les meilleurs des meilleurs, derrière leur écran et leur clavier dont les parties sont retransmises sur un écran géant, analysées en direct par des commentateurs. Evénement retransmis pour des millions de spectateurs sur internet.

Pour vous expliquer rapidement, League of Legends, en simplifiant un peu c’est un jeu d’action et de stratégie: deux équipes de cinq joueurs qui s’affrontent dans une arène virtuelle. Chacun incarne un personnage qui a ses pouvoirs, ses capacités propres et le but c’est de se coordonner avec son équipe pour aller détruire la base adverse.

Très simple en principe, sauf que ca demande des réflexes, un jeu d’équipe, un entraînement et une discipline de fer. Ce sont des activités qui réclament des réflexes, une dextérité, une coordination main-œil phénoménale. On est aux antipodes du type affalé sur son canapé un paquet de chips à la main. On n'est plus dans le jeu/loisir, on est dans la maîtrise absolue d’une discipline.

En termes de sensations et d’adrénaline, on ressent vraiment la même chose en regardant?

Clairement oui. Ce sur quoi je veux vraiment insister, c’est sur le plaisir et l’adrénaline que ça peut générer. J’aimerais vous convaincre -et tous les parents qui se demandent pourquoi leurs ados regardent des compétitions de jeu vidéo- à quel point on peut prendre du plaisir à regarder ce genre de spectacle –quel que soit le jeu- exactement comme lorsqu’on regarde un match de foot ou de basket, il y a des frissons, du suspens, des retournements de situation, de l’émotion aussi à voir son équipe emporter ce titre prestigieux. Même si quand on ne connaît pas le jeu, ça semble complétement lunaire.

Le confinement a renforcé le phénomène, les audiences ont battu des records. Et ce n’est pas un hasard s’il y a des liens de plus en plus forts entre le monde de l’eSport et le monde du sport traditionnel.

Tous les grands clubs sportifs professionnels du PSG au FC Nantes, lancent tous leur équipe d’eSport. Quand les championnats de foot et de basket se sont arrêtés, les joueurs ont continué de s’affronter... virtuellement.

Ce pont entre deux mondes, il se fait aussi à travers les sportifs eux-mêmes. Gaël Monfils qui a crée sa chaîne Twitch. Certains sportifs professionnels se reconvertissent dans l’eSport... Je pense par exemple à Yannick Agnel, ex champion de natation, qui s’occupe maintenant de la préparation physique et mentale d’eSportifs.

Fondamentalement les deux univers partagent l’essentiel: des valeurs comme la compétition, l’esprit d’équipe, l’émotion, et le spectacle. D’ailleurs Riot Games, l’éditeur du jeu, est en discussions avec le CIO pour inclure LoL aux Jeux Olympiques. Même si c’est très loin d’être fait.

Pas un hasard si ça attire de plus en plus les grandes marques et les sponsors, comme le foot

Assez logique quand on sait qu’il y a 500 millions de fans d’Esport dans le monde. Qui dit public, dit sponsors. Il y a encore quelques années, c’était seulement des marques de gamers: fabricants de matériel informatique, équipementiers télécoms. Aujourd’hui ce sont les marques grand public qui n’hésitent plus à s’associer à l’eSport.

De façon parfois assez inattendue : Louis Vuitton par exemple, a dessiné des costumes spéciaux pour les personnages du jeu. Mais aussi des marques comme Coca, Mercedes. Certains joueurs signent des contrats de sponsoring avec de grands équipementiers sportifs, comme Nike -pas (encore) pour les mêmes montants que Neymar ou Mbappé certes...

Anthony Morel (édité par J.A)