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La capsule Orion de la NASA revient sur Terre

Le vaisseau va amerrir aux alentours de 18h40 ce dimanche, au large de San Diego (Etats-Unis). Un retour ultra périlleux.

Le vaisseau Orion est propulsé à une vitesse de 36 000 km/h. Avant d'amerrir, il va devoir contrôler son arrivée sur Terre. Etape délicate, mais qui permet de tester la résistance thermique de la capsule.

"Quand on arrive à une telle vitesse et que l'on se heurte aux couches de l'atmosphère qui malgré tout n'est pas le vide, c'est dela matière, ça crée un échauffement phénoménal", explique Philippe Henarejos, rédacteur en chef du magazine Ciel et Espace. "On a un laps de temps très court pour freiner, jusqu'à ce que la capsule chute."

Une fois cette étape réussie, sa descente sera freinée par onze parachutes, puis Orion sera récupéré pour être hissé sur un bateau de la marine américaine. Ce sera la fin du voyage pour la capsule Orion, qui n'est que la première étape du projet Artemis.

Retour sur la Lune en 2025 ?

Cette mission comporte trois volets. Le volet 2 aura lieu fin 2024 si tout va bien, et emmènera des astronautes jusqu'à la Lune, mais sans y atterir. Objectif principal pour les Etats-Unis : y remettre les pieds, eux qui n'y sont pas allés depuis 1972, lors de la mission Apollo 17. Pour le volet 3 d'Artemis, l'équipage pourra mettre les pieds sur la Lune au mieux en 2025, l'objectif final.

Après la Lune : objectif Mars

Le retour d'Orion prévu pour aujourd'hui n'est pour ainsi dire qu'une phase d'essai. Il a permis aux Américains de vérifier la technique du vaisseau pour voir s'il circulait bien autour de la Lune. C'est ce qu'explique Marie-Ange Sanguy, rédactrice en chef du magazine Espace & Exploration :

"La mission Artemis 1 a été conçue dans le but de valider toutes les compétences, du lanceur jusqu'à l'amerrissage. Tout cela, il faut le valider avant de mettre des humains dedans."

Une mission ultra sécurisée qui coûte très cher, 93 milliards de dollars, parfois moquée, notamment en raison de ses trois reports précédents. Malgré tout, selon Marie-Ange Sanghi, c'est une victoire géopolitique pour les Etats-Unis : "Les Américains se sont consacrés essentiellement à Mars depuis de très nombreuses années, abandonnant la Lune depuis 1972. La Chine a décidé d'aller s'installer sur la Lune, et il est très clair que pour les Etats-Unis, il n'est pas question qu'une autre nation que la sienne arrive à faire mieux au niveau de certains grands projets."

Selon les spécialistes, au-delà de la Lune, les Américains ont pour idée à terme de conquérir une autre planète : Mars.

Pierre Bonneyrat avec AFP