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Accusations d'islamophobie chez des profs: "Il est urgent de défendre la liberté d'enseignement contre tous les fanatismes", alerte André Comte-Sponville

Le philosophe était l'invité des "Grandes Gueules" ce jeudi sur RMC.

Grosse tension à Sciences Po Grenoble. L'Institut d'études politiques (IEP) est en conflit depuis l'affichage, jeudi 4 mars, des noms de deux professeurs accusés d'islamophobie, des "injures" pour lesquelles une enquête judiciaire a été ouverte sur signalement de l'établissement.

A l'origine de ces accusations notamment, un échange de mails véhément sur la notion d'islamophobie, en novembre et décembre dernier, entre un professeur d'allemand, dont le nom a été mentionné sur les affiches, et une historienne.

"On a le droit d'être anti-communiste, anti-libéral, anti-fasciste, pourquoi n'aurait on pas le droit anti-Islam ou anti-islamisme?"

Ce professeur d'allemand écrit notamment, dans des extraits qu'il a lui-même publié un temps sur son site internet, qu'il "n'aime pas beaucoup cette religion" qui lui fait parfois "franchement peur" "comme elle fait peur à beaucoup de Français".

Le philosophe André Comte-Sponville était l'invité des "Grandes Gueules" ce jeudi sur RMC et a livré son point de vue sur cette affaire.

"Je trouve ça effrayant. Non pas que ce professeur ait peur de l'Islam, mais qu'on placarde son nom en le dénonçant comme islamophobe. Au pire on l'expose à se faire assassiner comme Samuel Paty, au mieux à le décrédibiliser. Je crois qu'il est urgent de défendre la liberté d'enseignement contre tous les fanatismes."

Le philosophe estime qu'il faut distinguer ce qui est distinguable.

"On a le droit d'être anti-communiste, anti-libéral, anti-fasciste, pourquoi n'aurait on pas le droit anti-Islam ou anti-islamisme? Si en revanche l'islamophobie, c'est la haine ou le mépris des musulmans, alors c'est très différent. C'est une forme de racisme aussi haïssable que toutes les formes de racisme."
J.A. et AFP