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Agressions de journalistes par des "gilets jaunes": la réponse du directeur de l'information de BFMTV

Hervé Beroud, directeur de l'information de BFMTV, a dénoncé ce lundi dans Les Grandes Gueules sur RMC l'agression et la tentative de lynchage d'un journaliste de la chaîne en marge d'un rassemblement des "gilets jaunes" ce week-end à Toulouse.

Week-end tendu en marge de certaines manifestations des "gilets jaunes". Une partie des médias de la région toulousaine a appelé dimanche à boycotter la couverture des actions des "gilets jaunes", après des attitudes violentes, des agressions, de la part de certains participants à l’encontre des représentants des médias.

Cinq journalistes de BFMTV et Cnews ont porté plainte pour "violences aggravées", "menaces de mort", "tentative d'agression en réunion", samedi et dimanche. Lors d'une manifestation place du Capitole samedi, certains ont reçu des coups de pied, des crachats, une bouteille d'eau en plein visage, et ont été poursuivis dans les rues de la ville.

Hervé Beroud, directeur de l’information de BFMTV, était l’invité des Grandes Gueules ce lundi pour évoquer ces violences. Il regrette ces agissements provenant de “minorités” et déplore que le climat de défiance envers les journalistes s’aggrave ces dernières années.

"Depuis le début du mouvement nos journalistes ont connu beaucoup de difficultés sur le terrain, d’hostilité de la part de certains 'gilets jaunes'. C’est très important de ne pas mettre tout le monde dans le même sac car c’est une minorité. Mais comme souvent la minorité fait plus de bruit, et plus de mal, que la majorité. 
Il y a eu des insultes, des crachats, des choses extrêmement désagréables et scandaleuses. On a franchi malheureusement une étape samedi à Toulouse avec cette 'course poursuite' de notre correspondant qui échappait à quelques dizaines de personnes surexcitées et haineuses. Ce sont ses deux agents de sécurité qui l’ont sauvé et ensuite les CRS." 

Pas de boycott de la suite du mouvement

"Malheureusement, depuis maintenant plusieurs années sur les manifestations dites difficiles, elles sont hélas de plus en plus nombreuses, nos reporters sont accompagnés par des agents de sécurité. Mais on a pu voir en l'occurrence que ça peut ne pas suffire."

Hervé Beroud assure que la chaîne ne laissera “rien passer” et que les dépôts de plainte seront systématiques contre les agressions, accompagnés des compléments de plainte pour ceux qui s’en réjouissent et en font l’apologie sur les réseaux sociaux. En revanche, il n’est pas question de boycotter la suite du mouvement pour la première chaîne d’info, Hervé Beroud estimant que ce serait "injuste et contre-productif".

Il dénonce "l'hypocrisie" de certains politiques

Si Marine Le Pen a dénoncé les agressions de journalistes ce lundi matin face à Jean-Jacques Bourdin, le directeur de l’information de la chaîne parle “d’hypocrisie” à l’encontre des politiques.

"Marine Le Pen l’a dénoncé ce matin chez Jean-Jacques Bourdin, d’autres leaders politiques l’ont dénoncé ce week-end, mais franchement quelle hypocrisie, on appelle au feu, et quand le feu arrive…"

Toutefois, Hervé Beroud estime que les médias dans leur ensemble ne sont pas exempts de tout reproche, et qu’il faut également analyser les causes de cette défiance. Les personnalités politiques n’en seraient pas totalement étrangères selon lui.

"On doit tous se remettre en question. Mais nos journalistes ont aussi, durant les présidentielles de 2012 et de 2017, dans les meetings politiques de droite, d’extrême droite, d’extrême gauche, ont été pris à partie. Des leaders politiques qui se reconnaîtront ont prononcés ces derniers des paroles extrêmement violentes d’appel à la haine contre les médias. Il ne faut pas s’étonner que des gens reprennent, sur le terrain, ce tempo là."
J.A. avec les GG