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Bruno Bonnell: "The Apprentice permet de sortir des caricatures de l'entreprise"

Le présentateur de The Apprentice, la nouvelle émission de téléréalité d'M6, était l'invité des Grandes Gueules sur RMC. Diffusée à partir de ce mercredi 9 septembre, l'émission verra s'opposer 14 candidats, diplômés ou non, pour décrocher un poste en CDI. Une émission d'utilité publique, pour son présentateur.

Il veut donner une autre image de l'entreprise. Bruno Bonnell, présentateur de la nouvelle émission de télé-réalité The Apprentice, diffusée à partir de ce mercredi 9 septembre sur M6, était l'invité ce mardi des Grandes Gueules sur RMC. Le concept de The Apprentice, venu des États-Unis et désormais présent dans une trentaine de pays ? 14 candidats, 7 femmes et 7 hommes venus de tous horizons, de toutes formations et pas forcément diplômés, s'affrontent en équipe sur des cas pratiques pour tenter de décrocher le graal : un poste de directeur du développement commercial d'une des sociétés de Bruno Bonnell. Un concept qui fait polémique, certains jugeant cynique de filmer la course à un CDI.

"On parle d'hommes, de femmes, d'aventures et de défi"

Mais pour le multi-entrepreneur lyonnais, fondateur d'Infogrames (éditeur de logiciels informatique), l'idée "c'est surtout de montrer l'entreprise à une heure de grande écoute, pour montrer qu'elle n'est pas aussi caricaturale que dans des émissions polémiques ou confidentielles". "Ça m'a intéressé parce que ça permettait de sortir des caricatures de l'entreprise. Dans l'émission on ne parle pas d'argent, de comptes d'exploitation. On parle d'hommes, de femmes, d'aventures et de défi".

Bruno Bonnell l'assure, la version française de The Apprentice n'a rien à voir avec la version un peu trash diffusée aux États-Unis et présentée par le sulfureux Donald Trump. "La version américaine reflète l'esprit d'entreprise américain où tout est rationalisé sur un rapport très difficile, militaire. Mais chez nous heureusement on a plus de nuances".

"Aller chercher des gens là où on ne les attend pas"

De la nuance, oui. Cette fois, pas "d'insupportable je-sais-tout, de bimbo et d'abruti", pour reprendre les termes de la Grande Gueule Didier Giraud. Non, "il y a des gens qui n'avaient pas de formation initiale pour ce poste, qui viennent de la cosmétique ou de la restauration, et qui se sont révélés de très bons managers. Le carré final va vous surprendre", nous allèche Bruno Bonnell.

"Est-ce que ce n'est pas ça le pari de l'emploi ? Aller chercher des gens là où on ne les attend pas ?", interroge-t-il, dénonçant la culture du diplôme qui, reconnaît-il, sévit en France. "Les recruteurs en France manquent complètement de créativité, oui. On a cette angoisse de pouvoir assurer, donc on va prendre un gars qui a déjà fait le job, qui a de l'expérience, et comme ça on reste entre soi. Regardez dans certaines grandes entreprises, ce sont des ribambelles d'employés issus d'HEC ou d'écoles de commerce. Il faut casser les codes !".

Il l'assure, il a retenu la leçon de l'émission. "Depuis The Apprentice, j'ai imposé à mon DRH de me présenter trois candidats aux profils différents pour chaque poste, pour qu'on s'ouvre un peu les chakras".

Les quadras bannis de l'émission? "C'est un vrai regret"

Quasi inconnu du grand public, Bruno Bonnell a été choisi par M6 alors que le nom de Bernard Tapie a été avancé. "S'ils m'ont choisi, c'est certainement parce qu'ils ont aimé le discours que je tiens sur l'entreprise, l'originalité de mon parcours. Je crois que je suis surtout un patron convaincu qui pense que l'entreprise est une zone d'expression où des hommes et des femmes peuvent bosser ensemble et pas forcément dans le rapport de force".

Seul regret, et c'est un reproche que n'ont pas manqué de lui adresser les Grandes Gueules, aucun des 14 candidats de l'émission n'a plus de 40 ans. "C'est un vrai regret, oui. Mais nous n'avions pas de profil de candidat suffisamment intéressant pour y aller. Je n'ai pas voulu tomber dans la caricature de la segmentation marketing. On ne prend pas des gens pour le principe, on prend des gens qui veulent y aller". Les quadras apprécieront.

Philippe Gril avec les GG