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"Ca fait quatre jours qu’on vit avec des gardes du corps", dénonce Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles

Valeurs Actuelles a publié un récit de sept pages dans lequel la députée Danièle Obono était représentée en esclave, collier en fer autour du cou.

La publication du magazine Valeurs Actuelles a suscité une vague d’indignation depuis sa sortie. Valeurs Actuelles a publié un récit de sept pages dans lequel la députée Danièle Obono, à la peau noire, "expérimente la responsabilité des Africains dans les horreurs de l'esclavage" au XVIIIe siècle, selon sa présentation. Des dessins de Danièle Obono, collier en fer au cou, accompagnent ce "roman de l'été".

Malgré les excuses présentées par le journal, la députée a annoncé sur RMC avoir décidé de porter plainte. “Après mûre réflexion et suite à une analyse juridique approfondie, j'ai décidé, avec La France insoumise, de porter plainte contre Valeurs Actuelles", a-t-elle écrit dans un communiqué. 

Invité dans le Grand Oral des Grandes Gueules, Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, a renouvelé les excuses. 

“Notre objectif, c’était de démonter les thèses indigénistes et racialistes. Le résultat, et je suis très lucide là-dessus, c’est que la France entière pense que le journal est raciste avec Danièle Obono et on en a fait une sainte Républicaine. C’est une immense erreur, et je le regrette profondément. Si je pouvais rembobiner et faire autrement, je le ferai. Je suis d’une sincérité absolue quand je dis que je présente mes excuses à Danièle Obono parce que je ne voulais pas la blesser et j’estime que toute personne blessée, même si elle est aux antipodes des mes idées, mérite des excuses”, a-t-il indiqué. 

"Un lynchage comme ça, ça vous marque à tout jamais"

Pour autant, le directeur de la rédaction a dénoncé le lynchage qu’a subi son journal depuis la publication de cet article. “On est en train de vivre un déchaînement d’hystérie du petit milieu politico-parisien qui ne supporte pas le succès de Valeurs Actuelles, c’est ça la réalité”, indique-t-il. 

Il précise par ailleurs que depuis la parution de l’article, il a reçu plusieurs menaces de mort. 

“Ca fait quatre jours qu’on vit avec des gardes du corps. On a eu une manifestation de la Ligue de Défense noire Africaine devant nos locaux lundi qui ont demandé à ce qu’on nous arrache les bras. C’est une violence inouïe, je ne demande pas qu’on s'apitoie sur mon sort, mais je veux juste que les gens sache que vivre un lynchage comme ça, ça vous marque à tout jamais”, a-t-il précisé.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "injures à caractère raciste" lundi.

Guillaume Descours