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Ce député veut taxer la charcuterie aux nitrites: "Ce sont les plus pauvres qui en mangent, et on ne devrait pas les protéger?"

Le député Richard Ramos, à l'origine de cet amendement, est venu défendre son idée dans Les Grandes Gueules ce mercredi sur RMC. Accusé de vouloir faire le buzz, il assure qu'il veut juste qu'on arrête de manger de la malbouffe.

Les députés ont voté en commission dans la nuit de mardi à mercredi des amendements visant à taxer la charcuterie contenant des sels nitrités. Ces amendements, adoptés dans le cadre de l'examen du projet de budget de la Sécu pour 2020, devront cependant être revotés dans l'hémicycle pour être intégrés au projet de loi.

L'amendement sur la charcuterie entend instaurer une taxe de 0,10 centime d'euros par kilogramme sur les produits de charcuterie contenant des additifs nitrés (nitrite, nitrate et/ou sel nitrité), accusés de favoriser les cancers colorectaux.

Porté par l'élu MoDem Richard Ramos et co-signé par une cinquantaine d'élus de divers groupes, notamment LREM, UDI-Agir, PS ou LFI, il a été adopté malgré les réticences du rapporteur Olivier Véran (LREM), qui a notamment fait valoir que l'impact de la mesure n'avait pas été suffisamment évalué.

"Je veux que les pauvres arrêtent d’avoir un produit cancérogène"

Sont visés les produits de charcuterie dans leur ensemble (jambon, saucisson, pâté, rillettes...) précise l'amendement. Les nitrites permettent d'obtenir la couleur rose du jambon et d'en assurer la conservation, et l'industrie a beaucoup de mal à s'en passer.

Le député Richard Ramos, à l'origine de cet amendement, est venu défendre son idée dans Les Grandes Gueules ce mercredi sur RMC. Accusé de vouloir faire le buzz, il assure qu'il veut juste qu'on arrête de manger de la malbouffe.

"Je ne fais pas de la com’, je veux que les Français arrêtent de manger de la malbouffe, je veux que les pauvres arrêtent d’avoir un produit cancérogène, c’est l’OMS qui le dit. C’est une taxe sur le sel nitrité, c’est 0,03% du produit et ça présente des risques, et on va le laisser? Ce sont les plus pauvres qui en consomment, et on ne va pas protéger les Français?"

"J’aime la cochonnaille mais je n’aime pas la cochonnerie"

L'élu du Loiret ne conçoit pas de laisser faire les industriels à leur guise, même si les marques haut de gamme commencent à produire des produits sans nitrites, qui restent les plus chers.

"Je ne cherche pas à faire de la com’, je cherche à dire aux industriels qu’on fait une toute petite taxe, c’est pas un gros montant, mais on va vous obliger à changer vos pratiques car le consommateur a droit de savoir qu’un jambon n’est pas rose.
On met du sel nitrité car on fait sécher le jambon en trois mois au lieu de neuf. Donc c’est le fric au détriment de la santé, et moi je préfère la santé. Je pense qu’on a un rôle de protéger le consommateur. J’aime la cochonnaille mais je n’aime pas la cochonnerie. C’est aussi un combat pour le goût, on ne doit pas mettre des poudres de perlimpinpin qui sont dangereux pour la santé des Français."
James Abbott